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Sun and Go veut faire des Alpes-Maritimes un meilleur élève du photovoltaïque
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Sun and Go veut faire des Alpes-Maritimes un meilleur élève du photovoltaïque

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La réglementation couplée à la crise énergétique dynamise l’activité de Sun and Go. L’entreprise basée à Grasse propose aux entreprises et collectivités des solutions pour produire de l’électricité solaire destinée à aux bâtiments et aux véhicules. Pour autant, les Alpes-Maritimes restent à la traîne en matière de photovoltaïque.

Sun and Go compte 7 collaborateurs et s’appuie sur 7 autres salariés pour les fonctions support, partagées avec STME, entreprise de Jean-Pascal Decroix avec qui Olivier Béchu (premier en haut à gauche) a fondé Sun and go en 2020 à Grasse — Photo : Sund and Go

Dès sa création en 2020, Sun and Go (7 collaborateurs, CA 2024: 2 M€) affichait jusque dans son nom, certes en anglais mais explicitement tout de même, sa proposition de valeur et sa vision : soleil et mobilité. Exploiter donc le photovoltaïque à double niveau : des panneaux sur les bâtiments et parkings, et des bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Offre "deux en un"

Mais le plus souvent, les clients faisaient appel à l’entreprise grassoise, soit pour l’un, soit pour l’autre, très rarement les deux. Enfin, les choses commencent à changer. "De plus en plus, quand on fait un abri de parking, une ombrière en général, on installe les bornes", explique Olivier Béchu, fondateur et dirigeant de Sun and Go. Ce fut le cas par exemple au siège du Groupe Ippolito à Villeneuve-Loubet ou d’Expressions Aromatiques à Mouans-Sartoux.

"Cela se fait parfois en deux temps. Certains font appel à nous pour du solaire et nous demandent, en cours de chantier, d’ajouter des bornes. Il y a un avantage économique à ne pas dissocier les deux, car la tranchée nécessaire au raccordement de l’ombrière, ne sera creusée qu’une fois et fonctionnera pour les deux."

Sur le site d’Expressions Aromatiques, spécialisée dans la conception, le développement et la production d’arômes à Mouans Sartoux, Sun and Go a installé 419 panneaux photovoltaïques en toiture et en ombrières sur le parking, ainsi que des bornes de recharge électrique — Photo : Sun and Go

Au-delà de la prise de conscience de l’urgence climatique, la demande est dopée par deux facteurs, à commencer par la crise de l’énergie. "Entreprises et collectivités ont cherché comment maîtriser une partie de leur énergie, parce qu’au final, avec l’énergie solaire, il y a bien sûr un investissement de départ, mais l’énergie est sécurisée, et notamment son prix. Le seul carburant, c’est le soleil et il n’envoie pas de facture."

La réglementation elle aussi agit en faveur du photovoltaïque. D’un côté, les parkings d’une superficie égale ou supérieure à 10 000 m2 devront être équipés d’ombrières avant l’été 2028 au plus tard (sous réserve de bons de commande conclus avant le 31 décembre 2025). Quand les bâtiments tertiaires, lors de leur construction, extension ou rénovation lourde, devront intégrer en 2026 au moins 40 % de la toiture du bâtiment ou sur les ombrières surplombant ses aires de stationnement des panneaux photovoltaïques ou un système de végétalisation. Ce pourcentage sera porté à 50 % en 2027.

Moins de 10 % produits dans les Alpes-Maritimes

Pour autant, les Alpes-Maritimes, le département le plus ensoleillé de France avec 253 jours de soleil par an, reste le mauvais élève du solaire. " C’est aussi ce constat qui nous porte : arriver à ce que l’on ait un peu d’énergie renouvelable dans le territoire, reprend Olivier Béchu. Car dans les Alpes-Maritimes, on produit en électricité moins de 10 % de ce que l’on consomme. Et il y a un peu plus de 10 ans, nous étions déjà ce pourcentage, principalement avec de l’hydroélectricité dont la production a baissé. Le peu de solaire produit a à peine compensé cette baisse ! L’électricité que nous consommons ici vient donc pour l’essentiel des centrales nucléaires de la vallée du Rhône. C’est loin. On peut faire beaucoup mieux."

Du circuit court au collectif

Le potentiel est là pour se lancer dans du circuit court énergétique. Toitures des zones industriels et autres zones d’activités offrent notamment un terrain de jeu rêvé. "L’énergie solaire produite va être consommée localement." Elle peut même être partagée via ce qu’on appelle de l’autoconsommation collective : un seul bâtiment équipé peut distribuer l’énergie à d’autres sites situés dans un rayon de deux kilomètres. Un procédé qu’utilise par exemple la commune de Mougins : une de ses salles de spectacle est équipée de panneaux photovoltaïques qui alimente une crèche et des bâtiments municipaux. Olivier Béchu confie qu’il y a bien des discussions entre entreprises, mais encore faut-il "arriver à mettre tout le monde d’accord".

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