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À Strasbourg, l’accès aux emplois au centre des préoccupations patronales
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À Strasbourg, l’accès aux emplois au centre des préoccupations patronales

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En pleine campagne municipale, plusieurs dirigeants implantés dans l’Eurométropole de Strasbourg partagent leurs préoccupations.

Le Club des ETI Grand Est tenait sa réunion de début d’année le 3 février 2026 chez De Dietrich à Zinswiller (Bas-Rhin), l’occasion de solliciter les chefs d’entreprises strasbourgeois sur leurs attentes vis-à-vis des municipales 2026 — Photo : Marine Dumeny

Les municipales ne se limitent pas aux services de proximité. Dans l’Eurométropole de Strasbourg, l’échelon intercommunal pilote une partie structurante de l’environnement économique : développement et aménagement, gestion des zones d’activité, politique locale du commerce, mobilité ou encore habitat.

Accès aux zones d’activité : un frein concret

Sur le terrain, la question des déplacements reste centrale. À Reichstett, sur l’ancien site de la Coop Alsace, Derrey, groupe familial spécialisé dans le négoce de bois, panneaux et matériaux de construction (180 M€ de chiffre d’affaires, 730 salariés, trois sites en Alsace-Lorraine), met en avant les difficultés d’accès. "Il y a beaucoup de travaux sur la zone, le trafic est devenu compliqué", explique Gauthier Derrey, directeur général délégué.

Le dirigeant pointe aussi un déficit de solutions alternatives : "Le tram est loin, les travaux des pistes cyclables ont commencé mais sont en stand-by". "Dans une zone pourtant dynamique en matière d’emploi, il évoque également une "vie un peu pauvre" autour du site.

La mobilité, et l’accès aux zones d’activités, est une des préoccupations majeures des chefs d’entreprise pour les municipales 2026 — Photo : Marine Dumeny

Transports, logement, formation : le triptyque de l’attractivité

Même constat du côté d’Actua, groupe d’intérim et de recrutement (97 M€ de CA, 170 permanents, 2 700 intérimaires) basé à Illkirch-Graffenstaden. Matthieu Balmelle, directeur général, alerte sur l’inadéquation des transports en commun avec les horaires industriels : "Les transports s’arrêtent trop tôt et reprennent trop tard pour les collaborateurs en trois-huit." Une contrainte qui complique les recrutements, dans une ville où "de plus en plus d’actifs n’ont pas de voiture".

Marc Kugler, directeur général d’Électricité de Strasbourg (1,419 Md€ de CA en 2024) souligne un besoin plus large d’attractivité. "Il faut donner envie", résume-t-il, en pointant le rôle des communes et de l’Eurométropole sur l’accueil des actifs. En filigrane, un enjeu majeur : la main-d’œuvre, notamment sur les métiers techniques.

Un constat appuyé par Frédéric Créplet, dirigeant d’E’nergys (50 M€ de CA, 350 salariés). Pour lui, "Strasbourg doit rayonner et être exemplaire, c’est le porte-étendard la région". "L’Eurométropole dispose d’atouts majeurs : universités, offre de formation, tissu économique allant de l’industrie à la pharmacie en passant par les services". Il plaide ainsi pour réduire les "frottements" entre entreprises et collectivités, structurer des passerelles vers les publics éloignés de l’emploi, et reconnecter notamment des jeunes aujourd’hui éloignés de l’entreprise aux besoins de main-d’œuvre. "Il faut converger sur un effort commun et travailler ensemble".

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