À Charleville-Mézières, dans les Ardennes, la fonderie du groupe automobile Stellantis (45 000 employés et 12 sites en France) s’est vue attribuer la fabrication de nouvelles pièces. Les 2 200 salariés de l’usine ardennaise réaliseront désormais des bras arrières et des pivots arrières en aluminium, destinés à "une future génération de véhicules à fort volume de production", selon l’entreprise. Le site de Charleville est spécialisé dans la fonderie de pièces brutes pour les véhicules de Stellantis, avec la fabrication de pièces de liaison au sol et de moteurs en fonte et en aluminum.
Une décision qui devrait garantir, d’après Stellantis, "une activité significative pour le site jusqu’en 2030", dans un contexte où la filière automobile du Grand Est redoute la panne sèche, prise entre l’arrêt programmé de la fabrication des véhicules thermiques et la concurrence chinoise notamment.
8,6 millions d’euros d’investissement
La nouvelle attribution représente un volume annuel d’un million de pièces, occasionnant un investissement de 8,6 millions d’euros pour l’usine ardennaise. "Pour obtenir cette fabrication, nous avons été plus performants que nos concurrents d’envergure mondiale, installés dans des pays à bas coûts", précise dans un communiqué Stéphane Dubray, directeur de la fonderie de Charleville-Mézières. Mettant en valeur l’expertise du site en matière d’économie circulaire, Stellantis annonce à ce titre que "pour produire à un prix compétitif, Charleville utilisera en partie des matériaux recyclés".
Vers un avenir électrique
"Il s’agit d’une étape importante pour ce site, qui comme les 12 sites Stellantis français, opère depuis des années une véritable révolution, pour se détourner du moteur thermique et s’assurer un avenir électrique", explique l’entreprise. Dans cet objectif, Stellantis a investi plus de 3 milliards d’euros dans ses sites français depuis cinq ans, dont 31 millions d’euros au cours des deux dernières années, sur le site de Charleville-Mézières.
Objectif : 85 % de la production destinée aux électriques ou hybrides
"Le site ardennais, auparavant majoritairement consacré à la production de culasse de moteurs thermiques, produit désormais des carters pour moteurs électriques. Son objectif est d’atteindre, d’ici deux ans une production à 85 % dédiée aux moteurs électriques ou hybrides", annonce Stellantis.
Une opération qui entre dans la mise en œuvre du plan "Dare Forward 2030" de Stellantis, visant à devenir "une tech company de mobilité et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2038, tout en créant de la valeur ajoutée pour l’ensemble des parties prenantes", d’après l’entreprise.