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"Il y a une volonté de la Région et du tissu industriel d’aller vers de nouvelles filières"
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Jean-Louis Amat directeur général d’Ardennes Développement "Il y a une volonté de la Région et du tissu industriel d’aller vers de nouvelles filières"

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Directeur général d’Ardennes Développement, Jean-Louis Amat évoque une évolution des secteurs d’activités porteurs dans les Ardennes. Malgré des trésoreries tendues, l’agence de développement économique enregistre toujours des investissements des PME, notamment sur la transition écologique.

Jean-Louis Amat est le directeur général d’Ardennes Développement — Photo : Ardennes Développement

Dans son rapport d’activité 2023, Ardennes Développement annonce avoir accompagné 83 millions d’euros d’investissements et la création de 500 emplois. Ces chiffres sont-ils en progression ?

Les chiffres annoncés sont meilleurs que l’année dernière, en termes d’emplois. Pas forcément en investissement, mais cela varie d’une année sur l’autre. Déjà, nous n’avons pas toujours tous les chiffres, et ce sont des prévisions d’investissement et d’emploi. Normalement, la réalité est supérieure à ces chiffres-là. Et, nous avons énormément de PME dans le tissu industriel ardennais : cela représente 90 % de nos entreprises. Il suffit qu’un groupe industriel annonce un gros projet pour que cela modifie les chiffres : nous ne pouvons pas comparer d’une année sur l’autre.

Les Ardennes suivent-elles une dynamique positive ?

Sur l’accompagnement des entreprises, l’agence est focalisée sur l’industrie et le tertiaire. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a toujours des investissements dans ces PME. Par contre, dans les Ardennes, nous sommes très dépendants de la filière automobile, ce qui induit une baisse d’activités sur plusieurs entreprises. Elles sont obligées de se recentrer sur d’autres marchés, ce qui parfois demande des investissements qu’elles ne peuvent pas faire, ou qu’elles doivent étaler dans la durée. À côté de ça, il y a quand même beaucoup d’investissements pour la transition écologique, notamment grâce aux aides mises en place par la Région et par l’État.

De nouveaux secteurs d’activité pourraient-ils émerger dans les prochaines années ?

Il y a une volonté de la Région et du tissu industriel d’aller vers de nouvelles filières. La filière du moteur thermique est en difficulté. Le véhicule électrique démarre un peu, donc il faut se positionner dessus. Les industriels ardennais se reconvertissent : le site de Stellantis au sud de Charleville-Mézières, et le sous-traitant automobile Hanon Systems, évoluent vers la fabrication de composants pour les moteurs électriques, par exemple. Il y a encore d’autres secteurs qui sont déjà présents dans les Ardennes et qui sont amenés à être développés. Je pense au ferroviaire, au nucléaire. Il y a aussi l’industrie de défense. Et puis il y a les filières en émergence, dont le potentiel est intéressant mais pas au même niveau, comme le vélo : nous sommes par exemple en train de développer le projet de Cibox, une entreprise spécialisée dans la micromobilité. Sans parler de l’aéronautique lié à la défense.

Dans un article du Journal des Entreprises, l’Adira invitait à la prudence, malgré une vague d’investissements en Alsace. Partagez-vous cette inquiétude ?

Nous ne sommes pas à la même échelle et nous n’avons pas les mêmes typologies d’entreprises que l’Adira, qui ne suit que des grands comptes, alors que nous ne suivons que des PME. Mais, sur les PME, le contexte est tendu. Il y a des baisses de marché, les trésoreries sont tendues. Nous avons des entreprises qui ont contracté des prêts et qui doivent les rembourser…

Face à cela, la stratégie est toujours la même : nous travaillons en partenariat. Nous avons une petite équipe donc nous ne pouvons pas tout faire tout seuls. Notre vrai métier, c’est d’être en transversale et en connexion des acteurs, au bon endroit et au bon moment. Nous sommes souvent en détection de difficultés, et c’est à ce moment-là que nous activons les acteurs qui sont bien équipés pour faire face aux difficultés. Cela peut être des services de l’État, des services comme la Banque de France ou Bpifrance : nous disposons d’énormément de partenaires dans le cadre économique.

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