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La PME Les Chanvres de l’Atlantique va construire deux nouvelles usines de transformation du chanvre
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La PME Les Chanvres de l’Atlantique va construire deux nouvelles usines de transformation du chanvre

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La PME Les Chanvres de l’Atlantique, transformateur industriel landais de chanvre, s’apprête à franchir un nouveau cap. Deux ans après avoir inauguré une première usine d’agroalimentaire, il veut investir 15 millions d’euros pour construire, en même temps, deux nouvelles usines. Elles produiront de la fibre pour le textile et des blocs de béton de chanvre pour le BTP. Elles pourraient sortir de terre en 2027.

Les Chanvres de l'Atlantique, qui a débuté son activité industrielle en exploitant la graine de chanvre, veut se doter de deux nouvelles usines dédiées aux marchés du BTP et du textile — Photo : Romain Béteille

C’est un nouveau chantier de taille que prépare, depuis Saint-Geours-de-Maremne (Landes) la société Les Chanvres de l’Atlantique (10 salariés, 1,3 M€ de CA). Créée en 2016, elle va construire en même temps, d’ici à deux ans, deux nouvelles usines de 5 000 à 10 000 m2 chacune pour transformer le chanvre - qu’elle récolte auprès d’agriculteurs - en fibre à destination des filateurs pour fabriquer du tissu et en gros blocs de béton de chanvre pour le BTP.

"Le bureau d’études basque Kalaria proposera nos blocs prédécoupés aux architectes ou bureaux d’études ayant besoin de construire de grands bâtiments, pour le privé comme le public", assure Vincent Lartizien, fondateur de l’entreprise.

Le projet, d’un coût total d’une quinzaine de millions d’euros, sera financé à hauteur de 4,5 millions d’euros par l’Ademe (via un appel à projets sur les produits biosourcés), des prêts bancaires et le concours de l’actionnaire majoritaire de l’entreprise, l’ex PDG de Rip Curl Europe François Payot.

Un effectif réduit par la crise

La PME est passée ces deux dernières années de 25 à 10 salariés. Sa première usine de 2 000 m2, construite en 2022 pour transformer les graines de chanvre en produits alimentaires à destination de l’industrie, des magasins bio spécialisés et des rayons bio de la GMS, a souffert des crises économiques, celle du Covid comme celle du bio.

"Nous avions connu une croissance assez forte, mais certains gros clients ont disparu, nous obligeant à reconquérir de nouveaux marchés, recontextualise le dirigeant. Il n’y a pas eu de plan social, que des départs volontaires, mais nous avons réduit nos équipes, notamment les cadres", abonde Laurence Remy, directrice financière de l’entreprise.

Résultat : malgré un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros en 2023, le résultat net est toujours négatif pour la PME landaise. Une situation qu’elle espère bien renverser avec ses deux nouvelles usines.

Trouver de nouveaux débouchés

Derrière ce double chantier, on retrouve le souhait initial de l’entreprise de valoriser l’ensemble de sa matière première, plante aux multiples vertus qui suscite de nouveau l’intérêt de plusieurs filières. "Le chanvre ne gagne de la valeur que s’il y a des usines industrielles rattachées à l’agriculture. Or, l’industrie part de zéro", raconte Vincent Lartizien. Si le paysage économique local du chanvre apparaît morcelé en petites unités, la PME Les Chanvres de l’Atlantique reste l’une des plus ambitieuses. "C’est presque une mission pour nous de venir proposer des alternatives et de démontrer leur pertinence par nos propres expérimentations", poursuit le fondateur.

C’est aussi pour cela qu’elle a construit sa première usine en béton de chanvre, y compris ses 250 m2 de chambres froides pour stocker le grain. Avec, à la clé, des économies substantielles. "Avant, ces chambres froides s’enclenchaient une fois par minute ou toutes les deux minutes. Aujourd’hui, c’est une fois par jour".

Horizon 2027

La promesse affichée pour la création des gros blocs de béton de chanvre à partir de la chènevotte (tige), à savoir "diminuer la main-d’œuvre nécessaire et améliorer la rapidité de la construction", pourrait susciter l’intérêt d’un secteur du bâtiment en crise profonde. L’usine de teillage, elle, vise le marché du prêt-à-porter, très demandeur de nouvelles matières plus écologiques. "On souhaite sous-traiter avec des filateurs, des tisserands ou des tricoteurs. Notre souhait est à la fois de vendre du fil, du tissu et des vêtements", termine le chef d’entreprise.

Conscient du statut de niche de la fibre naturelle dans l’industrie textile et de la crise du BTP, il semble malgré tout confiant en l’avenir de ces deux nouveaux marchés. "D’autant que les usines seront reproductibles et qu’on pourra augmenter les cadences à l’avenir".

Tablant sur la production de 30 000 blocs de béton de chanvre et 10 000 tonnes de fibre par an, la PME espère un début des travaux en 2026 pour une livraison un an plus tard. Elle devrait embaucher "au moins quatre personnes par usine, jusqu’à 20 d’ici cinq ans, pour doper la production mais aussi notre force commerciale et la filière agricole", détaille Laurence Remy. Ayant passé contrat avec des agriculteurs sur 300 hectares de chanvre, la PME espère en développer 1 000 de plus pour répondre à la demande de ses deux usines supplémentaires. Elle vise 5 à 6 millions d’euros de chiffre d’affaires en deuxième année d’exploitation de ses trois usines et 10 millions d’euros "à moyen terme".

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