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Inondations : Le risque n'est pas qu'à Redon
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Inondations : Le risque n'est pas qu'à Redon

SINISTRES À Redon ou Muzillac, les inondations deviennent chroniques. L'institution d'aménagement de la Vilaine joue un rôle de tampon entre collectivités et entreprises.

Et si les inondations, après les incendies, devenaient un risque majeur pour les entreprises du Morbihan ? Le quartier de Pénesclus à Muzillac, submergé sous cinquante centimètres d'eau fin 2012, n'est pas si loin de la zone industrielle d'Hinzal où se concentre l'activité économique muzillacaise. Mais une telle submersion est tellement exceptionnelle qu'elle prend tous les acteurs de terrain de court. Même si Joseph Brohan, maire de Muzillac, est aussi vice-président de l'Institution d'aménagement de la Vilaine (IAV). Un plan de prévention est d'ailleurs en cours de débat.




Dix millions d'euros de dégâts

Anticiper et surtout garder en mémoire les précédents en termes d'inondations font en tout cas partie des missions de l'IAV et de sa quarantaine de salariés. « Notre boulot est de travailler avec les communes pour tenir la mémoire », constate Jean-Pierre Arrondeau, directeur général adjoint de l'IAV. « Une inondation est oubliée en dix ans. Alors qu'il faut prévenir les risques vers les maisons, les usines, les transformateurs, les routes et les écoles, savoir vers quels gymnases on peut évacuer les gens ». Mais l'IAV, qui a déjà fort à faire avec son usine d'eau potable de Férel ou ses travaux au barrage d'Arzal, ne peut pas être partout. Elle a pour l'instant concentré ses efforts sur Redon. Ici, les inondations ont déjà frappé cinq fois en sept ans, avec en 2001 près de dix millions d'euros de dégâts matériels : trois millions d'euros pour les zones portuaires et d'Aucfer, sept millions d'euros à celle de la digue. Après la construction du barrage d'Arzal, la foi dans les vertus de cet équipement construit pour réguler les flux de la Vilaine et de la mer était neuve. Mais après quelques années de sécheresse, la nature a vite repris ses droits. « Des zones industrielles ont été construites dans l'ancien lit de la rivière Oust », rappelle Jean-Pierre Arrondeau. « Cela a été une erreur collective assumée par tous, des élus à la CCI en passant par les aménageurs. Ceci dit, avec des débits de 600 mètres cubes par seconde, nous avons eu de vraies crues cet hiver. Avant le barrage, cela aurait été des inondations ». Néanmoins, pour rattraper le péché originel d'un excès de confiance, l'IAV consacre une partie de son important budget d'investissement (six millions d'euros sur dix millions d'euros de budget de fonctionnement) à racheter progressivement des bâtiments susceptibles d'être inondés à Redon.




Port à sec

Comme dans le cas de Weldom ou de l'entreprise de produits vétérinaires Cornelius. Des bâtiments qui céderont progressivement la place à des zones humides avec même un projet d'espace éco-portuaire. Un port à sec dédié à la restauration de gros bateaux pourrait y voir le jour. Un projet complémentaire de la zone de plaisance d'Arzal/Camoël/La Roche-Bernard. « À l'IAV, nous sommes des facilitateurs, nous sommes là pour faire travailler les gens ensemble », explique Jean-Luc Jégou, directeur général de l'IAV. « Mais la collectivité s'investit, notre partenaire est ainsi la communauté de communes du pays de Redon. Nous devons aussi convaincre les entreprises. » L'IAV est porteuse du programme d'action et de prévention des inondations (Papi), que l'État finance à 50 %. « Nos seuls fonds propres sont ceux de nos trois départements fondateurs », rappelle néanmoins Jean-Luc Jégou.

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