Thierry Troesch, président de ST Industries (115 salariés, 12 M€ de CA 2024), l’annonce : "Il s’agit d’un événement majeur pour notre groupe : l’entrée dans la filière du nucléaire civil." C’est par l’intermédiaire de deux de ses entreprises, Armor Précision Méca, à Trémuson (Côtes-d’Armor), et Decarmor Décolletage, à Trégueux (Côtes-d’Armor), que cette diversification déterminante se déroule.
Sur ces deux sites, ST Industries va construire des pièces pour le géant du recyclage des déchets nucléaires Orano (17 000 salariés, 5 Md€ de CA). Dans le cadre de son projet de densification de l’entreposage des déchets à La Hague (Normandie), ce dernier va disposer dans les piscines où sont conservées ces matières des "paniers" permettant d’y augmenter de 30 % le volume entreposé.
Une nouvelle commande en option en 2027
Le groupe costarmoricain spécialisé dans l’usinage et la mécanique de précision va fabriquer les têtes de ces paniers. 330 paires par an seront construites dans l’usine d’Armor Précision Méca. Cette commande pourrait être renouvelée en 2027 à hauteur de 1 580 paires supplémentaires. ST Industries, co-dirigée par Franck Troesch, le fils du président, directeur des opérations, va également produire les axes des broches et des entretoises pour ces mêmes paniers, sur son site de Decarmor Décolletage. Au total, un contrat de 5 millions d’euros étalés sur 5 ans.
Un investissement de 1,2 million d’euros
Pour réaliser cette production, ST Industries a investi sur le site d’Armor Précision Méca 1,2 million d’euros, via ses partenaires Crédit Coopératif, Crédit Agricole et Bpifrance. Au programme de cet effort financier, une salle de métrologie automatisée construite au cœur de l’usine et mise en service fin décembre, deux centres d’usinage grande dimension qui vont arriver d’ici avril, une presse de 100 tonnes et une station de dégraissage à ultrason et de marquage laser. "Nous avons également recruté 10 compagnons supplémentaires, faisant passer les effectifs à Trémuson à 40 salariés", s’est félicité Thierry Troesch.
Une deuxième entreprise costarmoricaine concernée
Une autre entreprise costarmoricaine (ce sont les deux seules en Bretagne) a été choisie pour ce projet mené par la filiale d’Orano, Orano Temis (450 salariés, 86 M€ de CA). Il s’agit d’Armor Méca Industries (ex Armor Méca Développement), qui alors en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité avait été reprise en mai 2024 par le groupe normand Drouault Industries. La commande de l’entreprise basée à Pleslin-Trigavou s’élève à 7 millions d’euros sur cinq ans.
Acculturer les entreprises bretonnes au nucléaire civil
De qui réjouir Thierry Troesch. L’ancien président de la CCI des Côtes-d’Armor (2016-2021), qui aime jouer en équipe, accompagne un projet d’acculturation des entreprises bretonnes au nucléaire civil, avec notamment EDF et l’UIMM, via son pôle formation. "25 entreprises de la région sont dans ce programme, qui est mené avec l’aide des professionnels de Normandie, annonce-t-il. L’idée est de se mettre en ordre de marche, comme le font les Pays de la Loire, pour profiter de la filière dont les besoins sont très importants, avec 14 EPR à construire et une mobilisation annoncée de 150 000 compagnons sur les 30 prochaines années."
ST Industries compte cinq sites, trois dans les Côtes-d’Armor, avec en plus des deux cités UCN Méca à Cavan, et deux dans le Finistère avec Breizh Usinage services (Pleyben et Guipavas). Il réalise de l’usinage et de la mécanique de précision, du prototype à la grande série, principalement pour l’aéronautique, le spatial, la défense et l’énergie.