Seine-Nord : Note salée pour un projet en mauvaise posture

Seine-Nord : Note salée pour un projet en mauvaise posture

Le canal Seine-Nord enregistre un nouveau coup dur. Les conclusions de l'étude sur sa faisabilité viennent d'être rendues. Son coût estimé passerait de 4,4 à 7 Md€.

Pharaonique par son envergure le canal Seine-Nord ? Pas uniquement. Le Conseil général de l'environnement et l'inspection générale des finances viennent de rendre leurs conclusions au ministre délégué aux Transports suite à la mission qui lui avait été confiée en septembre 2012.




De 4,4 à 7 Md€

Coup de tonnerre attendu et confirmé : « Les financements ont été prévus pour un projet annoncé par le précédent gouvernement à 4,4 milliards d'euros, mais dès l'automne 2011, il est apparu que le projet atteindrait 7 milliards d'euros », peut-on lire dans ce document. Et Frédéric Cuvillier ne peut que faire état « d'une impasse financière de 2,6 milliards d'euros qui nous est léguée, à laquelle ni les finances publiques ni les partenaires privés ne sont en mesure de faire face. » Autre point noir : les recettes de péage du canal qui auraient été surestimées.




Un projet bis ?

Face à ces conclusions, le ministre ne veut pas entendre parler de report du projet à une date plus favorable et encore moins de l'enterrer. Il vient d'annoncer l'arrêt de la procédure actuelle de partenariat public privé. Frédéric Cuvillier initie une mission de reconfiguration pour revoir les aspects techniques du dossier. Enfin, il espère présenter un nouveau projet au premier semestre 2014 devant la commission européenne. À la clé, des financements de l'Europe qui pourraient aller jusqu'à 30 % du coût du projet. Porteurs d'espoirs économiques pour le Nord - Pas-de-Calais, la Picardie, l'Ile de France et la Haute Normandie, les 106 km de canaux à construire pour relier la Seine à l'Escaut restent pour l'heure à quai. L'annonce des dernières péripéties du dossier de Seine-Nord a suscité plusieurs réactions. Martine Aubry, maire de Lille et présidente de Lille Métropole rappelle que « les enjeux en termes de développement économique, notamment dans la filière logistique, sont considérables avec des milliers d'emplois directs et indirects à la clé dans les territoires concernés. »




Martine Aubry : « Le canal remis sur le bon chemin »

Elle souligne également que « les perspectives tracées par Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des transports, sont claires et réalistes. Elles remettent enfin le canal sur le bon chemin et lui donnent toutes les chances de voir le jour. »




F. Leturque : « Inconcevable d'enterrer un tel projet »

Dans l'Artois, Frédéric Leturque, maire d'Arras, est moins conventionnel. Il exhorte « l'État français à prendre ses responsabilités. Il serait inconcevable d'enterrer un projet créateur de 25.000 emplois. »





Ségolène Mahias