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Sébastien Lovy (Intermedical Group) : "Le partage de la valeur est décidé de manière collaborative et solidaire"
Témoignage Var # Santé # Engagement sociétal

Sébastien Lovy (Intermedical Group) : "Le partage de la valeur est décidé de manière collaborative et solidaire"

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Chez Intermedical Group, une PME "libérée" et spécialisée dans la distribution de produits pharmaceutiques, les 200 collaborateurs sont autonomes et prennent collectivement les décisions. Depuis 2020, ils sont associés à la performance de leur entreprise à travers l’intéressement, dont les contours du nouvel accord ont été dessinés de manière collaborative et n’ont pas manqué de surprendre le PDG, Sébastien Lovy.

Martine Bonnevay, "accompagnatrice des ressources humaines", a rejoint la PME familiale Intermedical group, dont Sébastien Lovy détient la majorité des parts depuis 2014 — Photo : Hélène Lascols

D’entrée, Sébastien Lovy, PDG d’Intermedical Group dont le siège est à Hyères, explique : "Je me suis toujours demandé comment faire pour que les personnes qui travaillent avec moi aient l’envie de rester." C’est ainsi qu’il cultive le bien-être en interne, qu’il conduit son entreprise en transparence et en confiance, qu’il partage la valeur, aussi. Et ça marche, puisque le groupe, spécialisé dans la distribution de produits pharmaceutiques en France et à l’export, est florissant, avec un chiffre d’affaires en progression constante, passant de 197 millions d’euros en 2020 à 311 millions d’euros en 2023. "C’est compliqué, surtout lorsque l’entreprise grossit, comme c’est le cas pour la nôtre et qu’on nous a toujours appris qu’une entreprise est là pour faire le plus de profit. Par chance, le fondateur, Robert Lovy, mon père partageait déjà quelques-unes de mes idées. Puis lorsque j’ai racheté la majorité des parts en 2004, j’ai eu la possibilité de tenter mes propres expériences", confie le dirigeant.

L’intéressement, outil de fidélisation au service du collectif

Et, Sébastien Lovy avoue volontiers avoir tenté beaucoup de choses, se heurtant quelques fois à des salariés en quête d’un cadre et de règles. Il a rencontré des entreprises libérées et des entreprises holacratiques. "J’ai vu qu’il était possible de faire autrement. Puis, une fois le pouvoir partagé entre tous, nous avons réfléchi à un partage équitable de la valeur autour d’une idée : intéresser tout le monde, tous les services pour aller ensemble vers une direction commune avec des intérêts collectifs."

Pour embarquer les 15 filiales du groupe, dont la principale, l’entreprise à mission Intermed Exportation, mais aussi leurs 200 collaborateurs, Intermedical opte pour l’intéressement, avec un premier accord d’entreprise signé en 2020, pour trois ans. "Nous avons écrit une règle classique, à savoir que l’intéressement se déclenchait dès l’atteinte d’un certain montant de résultat. Nous savions que cela ne correspondait pas exactement à ce qu’on recherchait, mais nous y sommes tout de même allés tout en lançant en parallèle un travail collaboratif sur le sujet", explique Martine Bonnevay, qui a rejoint le groupe familial il y a cinq ans et se définit comme une "accompagnatrice des ressources humaines".

La naissance d’un accord 100 % social, 100 % équitable

À l’image de ce que le groupe fait pour 90 % des décisions qui touchent à la vie de l’entreprise, un appel à candidatures est lancé. "Sur une vingtaine de candidats, nous en avons retenu 10, pour constituer un panel représentatif de chaque entité, de chaque grand métier, de chaque niveau d’emploi. La directrice financière, Prisca Dravet, les a formés pour qu’ils aient toutes les cartes en mains. En parallèle, un groupe de travail a réuni la direction et les associés. Les travaux ont duré un an. Au total, 25 personnes ont pris part à la décision finale", détaille Martine Bonnevay.

Les actionnaires ont par exemple décidé du montant de l’enveloppe et du seuil de déclenchement, à savoir que le résultat est au moins supérieur à 10 % des capitaux propres. Les salariés ont souhaité que cet intéressement corresponde à un pourcentage du résultat. "Alors que nous voulions, à cette époque, que tous les salariés s’approprient davantage le groupe, et prennent conscience qu’ils peuvent évoluer d’une société à l’autre, nous avons choisi de prendre en compte le résultat du groupe dans son ensemble", ajoute Sébastien Lovy. Enfin, les salariés ont réussi à surprendre leur président. "Des cadres ont accepté de partager l’intéressement à montant égal entre chaque salarié, alors que jusqu’à présent il était proportionnel aux salaires." Ils ont ainsi démontré leur solidarité et leur conscience que "nous avions besoin de tous pour faire réussir l’entreprise." Le geste a été apprécié par Sébastien Lovy et les associés minoritaires, qui ont augmenté l’enveloppe, passant d’un peu moins de 6 % à 10 % du résultat. Ce nouvel accord a produit ses premiers effets en mai 2024 et vaut pour les trois prochaines années.

L’engagement sociétal officialisé et partagé

La valeur se partage en interne, mais aussi en externe… "Le fait de redistribuer une partie de la valeur à nos salariés, nous a permis d’officialiser nos dons – l’équivalent de 10 % de notre résultat – à des associations. Et nos salariés en sont particulièrement fiers et décident même de la destination d’une partie de ce budget", confie le PDG.

Une "team philanthropique", soit une dizaine de personnes, pilotée par la personne en charge de la RSE, se réunit tous les trimestres et vote pour des associations, dont le périmètre d’intervention met en avant l’humain et la planète, à l’image des valeurs qui guident Intermedical.

"La Serge Betsen Academy, qui aide des enfants du Cameroun et du Mali, la fondation internationale Epic, qui lutte contre les inégalités touchant l’enfance, l’association Tchendukua, qui permet aux Indiens de la Sierra Nevada, en Colombie de récupérer leurs terres ancestrales, mais aussi les Restos du Cœur, la fondation Face Var, l’association d’éducation à l’écologie Water Family ont reçu notre soutien", détaille Sébastien Lovy, qui se félicite des décisions collégiales prises dans son entreprise, de l’ambiance qu’il a réussi à créer. "J’ai toujours souhaité que l’entreprise soit un outil d’épanouissement pour toutes les parties prenantes et aujourd’hui, cela fonctionne, en plus économiquement ! Les salariés ont développé un vrai esprit d’équipe, ils sont engagés et en confiance, leur parole est totalement libérée. Ils savent qu’ils peuvent avancer sans moi et y ont en plus un intérêt financier."

Var # Santé # Distribution # Engagement sociétal # Qualité de vie au travail # Import-Export