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Somanity peaufine son exosquelette pour faire marcher des personnes handicapées
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Somanity peaufine son exosquelette pour faire marcher des personnes handicapées

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La start-up Somanity est née pour créer un exosquelette capable de faire marcher des personnes handicapées. Avec son dernier modèle doté d’intelligence artificielle et toujours imprimé en 3D, l’entreprise basée à Sophia Antipolis a réussi à baisser le poids et le coût pour le rendre accessible au plus grand nombre.

Mathieu Merian a créé Somanity pour créer un exosquelette capable de faire marcher un de ses amis, en fauteuil roulant. Il en a présenté le dernier modèle, prêt à être commercialisé lors du WAIC, le Festival Mondial de l’IA qui s’est tenu à Cannes les 12 et 13 février 2026 — Photo : Olivia Oreggia

Créer un exosquelette pour permettre aux personnes handicapées de marcher…. L’idée, utopiste diraient certains, était la genèse de Somanity (5 collaborateurs, CA : NC), start-up basée à Sophia Antipolis.
Mathieu Merian a réussi à transformer l’utopie en réalité. "Il y a 5 ans, j’ai fait une promesse à un ami n’ayant plus accès à la marche, c’était de le faire remarcher. Cette promesse a été tenue la semaine dernière : il a remarché pour la première fois. Et maintenant, on cherche à faire marcher tous les autres."

Handicapé par la maladie, Sébastien, ami de Mathieu Merian, a pu marcher grâce à l’exosquelette développé par Somanity — Photo : Somanity

Un objectif 100 % médical

Le jeune fondateur et dirigeant de l’entreprise a présenté ce modèle, baptisé Mark V, au WAICF, le Festival Mondial de l’IA qui s’est tenu à Cannes. De quoi attirer les regards et de nombreuses questions.
Car si les exosquelettes ont commencé à se démocratiser dans certaines entreprises pour alléger les charges ou faciliter les mouvements des salariés, celui-ci n’a d’autre visée que médicale.

Dans les allées du Palais des festivals de Cannes, durant le WAICF, l’exosquelette de Somanity a attiré de nombreux visiteurs — Photo : Olivia Oreggia

Cet exosquelette s’adresse à des personnes souffrant "d’un handicap léger à modéré, précise Mathieu Merian. Et on va aussi pouvoir accompagner quasiment jusqu’à de la paraplégie, de l’hémiplégie et on adresse également les personnes âgées qui ont des besoins de mobilité. On implémente et on améliore une intelligence artificielle qui permet à l’exosquelette de comprendre la pathologie du patient et de s’y adapter. C’est du sur-mesure mais avec un hardware générique."

Avec ses moteurs et ses capteurs, l’exosquelette de Somanity est imprimé en 3D et dopé à l’IA… de quoi le rendre efficace pour moins de 10 000 euros — Photo : Olivia Oreggia

Moins de 10 000 euros

L’incroyable objet se positionnerait en moins de 2 minutes. Fort d’une autonomie comprise entre 6 et 10 heures, il pèse moins de 10 kg. Et comme les prototypes précédents, il est imprimé en 3D. "On a rajouté du carbone, on a tout retravaillé. On itère à chaque fois pour réduire le coût et arriver à moins de 10 000 euros."

Le stade de la promesse est dépassé : le Mark V n’est pas un prototype de laboratoire mais un dispositif prêt à être déployé. Somanity espère pouvoir lancer sa commercialisation fin 2026.

Mark V est le dernier modèle d’exosquelette à visée uniquement médicale, développé par Somanity — Photo : Olivia Oreggia

Inverser les proportions

Pour financer tout ce développement, Somanity consacre la grande majorité de son activité à la distribution et à l’intégration d’exosquelettes industriels, comptant, parmi ses clients, DHL, Leroy Merlin ou La Poste.

Mais l’objectif et la motivation de Mathieu Merian demeurent inchangés : "Aujourd’hui, 20 % de notre chiffre d’affaires se fait sur du médical, 80 % sur de l’industriel. On aimerait inverser la tendance d’ici 2 à 3 ans."

D’ici deux ou trois ans, c’est aussi dans ce laps de temps, qu’il espère pouvoir faire homologuer son exosquelette afin qu’il soit considéré comme "un dispositif médical de classe II A (comme les lentilles de contact, couronnes dentaires, appareils auditifs…, NDLR) et qu’il soit remboursé, partiellement ou totalement, par la Sécurité sociale."

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