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Prix Impact Entreprise 2024 : la Minoterie Trottin mise sur la qualité et la proximité avec ses clients boulangers
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Prix Impact Entreprise 2024 : la Minoterie Trottin mise sur la qualité et la proximité avec ses clients boulangers

Claire et Vincent Trottin ont repris les rênes de l’entreprise familiale en 2023. Avec l’ambition de rester compétitif pour préserver un savoir-faire centenaire. La PME vient d’être récompensée par le Prix Impact Entreprise 2024.

PIE 2024 : La Minoterie Trottin reçoit le Prix Impact Territorial — Photo : Pauline Théon.

La minoterie Trottin vient d’être récompensée pour ses actions en faveur de son territoire par le Prix Impact Entreprise 2024. Organisé par Le Journal des Entreprises et ses partenaires, Altios, Audencia, Crédit Agricole Anjou Maine et KPMG, le Prix Impact Entreprise récompense les entreprises des Pays de la Loire alliant performance et responsabilité.

À l’Yvré-l’Évêque, près du Mans, la rivière l’Huisne apporte l’eau au moulin depuis 1908. Au fil des années, la minoterie Trottin s’est agrandie pour produire aujourd’hui 12 000 tonnes de farine par an pour un peu plus de 7 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 25 salariés. "70 % de nos blés viennent de la Sarthe, certaines coopératives agricoles qui nous livrent sont situées à seulement quelques kilomètres. Nous fournissons un tiers des boulangeries du département", affirme avec fierté Vincent Trottin. Le codirigeant de l’entreprise, âgé de 42 ans, meunier de formation, a repris les rênes de la PME familiale en juin 2023 avec sa sœur Claire, 26 ans, fraîchement diplômée d’une école de commerce. À lui la technique, à elle, la gestion. Au total, l’entreprise approvisionne "un peu moins de 300 artisans boulangers dans le Grand Ouest et en Île-de-France" précise Vincent Trottin.

Proximité et savoir-faire

Claire et Vincent, qui incarnent la cinquième génération familiale, ont succédé à leur père Georges qui a conduit pendant près de 40 ans l’entreprise avec son frère Pierre, et qui reste en coulisses pour prodiguer de précieux conseils. L’esprit des origines demeure, avec la proximité et la qualité comme repères. "Des clients nous ont vus bébés, et nous suivons leurs enfants aujourd’hui, qui sont eux-mêmes devenus parents", glisse Claire dans un sourire.

Du blé bio 100 % sarthois

Les nouveaux dirigeants de la minoterie gardent le cap de la qualité avec les farines CRC, Label Rouge et Bio existantes, l’entreprise ayant depuis longtemps développé ses cahiers des charges (elle produit des farines bio depuis 1999). Ils ajoutent une nouvelle dimension territoriale avec une farine de blé bio 100 % sarthois. "Cela représente 500 tonnes des 1 500 tonnes que nous faisons en bio. Nous vendons cette farine principalement à des clients sarthois, pour être logique" confirme Vincent Trottin. Ils ont également lancé une farine Label Rouge spéciale pour viennoiseries et brioches. "Nous ne sommes que cinq meuniers à le faire pour le moment", affirme Vincent Trottin.

Claire et Vincent Trottin, frère et sœur, dirigent ensemble la Minoterie Trottin près du Mans — Photo : Frédéric Gérard

Surtout, la minoterie sarthoise poursuit sa politique d’investissements pour moderniser son outil de production. Ainsi "un moulin meule devrait être en mis en activité en mai 2025" annonce Claire Trottin. Cet investissement de 400 000 euros permettra de "travailler les grains d’une autre façon, et de préserver au maximum leur qualité nutritionnelle", précise son frère. "Et cela va nous permettre de moudre d’autres céréales que le blé. Nous pourrons ainsi proposer de nouveaux produits."

Accompagner l’évolution du métier

L’entreprise familiale investit également dans la R & D avec deux boulangers conseil qui testent les nouvelles farines, la qualité des produits et proposent de nouvelles recettes aux clients. En septembre dernier, la minoterie a organisé pour la première fois une opération portes ouvertes pour les professionnels pendant trois jours. Chaque année, elle propose à ses clients dix stages de formation avec des boulangers meilleurs ouvriers de France "pour aider nos clients à mettre en avant leur savoir-faire et nos produits de qualité", explique Claire Trottin. L’objectif est également de les accompagner — comme le font les grands groupes de minoterie — pour qu’ils s’adaptent aux évolutions du métier de boulanger. Avec, par exemple, le développement du snacking — sandwiches et autres tartes à réchauffer — qui peut représenter aujourd’hui 30 à 70 % du chiffre d’affaires d’une boulangerie traditionnelle.

"Nous proposons aussi un accompagnement pour la création ou la reprise d’une boulangerie, qui va du business plan à l’image de marque, précise Claire Trottin. Nous avons par exemple déconseillé à un client qui voulait ouvrir une deuxième boutique de proposer des viennoiseries surgelées, au risque de perdre son image d’artisan de qualité."

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