La Minoterie du Bocage (CA 2023-2024 de 9,3 M€, 18 salariés) veut constituer une filière bretonne de blé destiné à produire la farine. "Aujourd’hui, la part de nos approvisionnements locaux en blé n’excède pas 5 %, explique Nicolas Raguenet, responsable du site basé à Binic (Côtes-d’Armor). Car les agriculteurs produisent plutôt du blé destiné à l’alimentation animale, en raison de l’histoire bretonne, notamment de celle des coopératives agricoles."
Le dirigeant souhaite élever cet approvisionnement régional de 5 à 30 % à l’horizon 2030. C’est auprès de ces nombreuses coopératives, notamment les plus petites, que l’entreprise cherche à promouvoir son projet de filière, et à convertir des producteurs à la culture spécifique du blé "farinable".
Les biscuiteries notamment visées
Si le Costarmoricain recrute en amont de son activité, il travaille également à trouver de nouveaux clients à l’aval. "Nous travaillons avec les artisans boulangers et visons les biscuiteries artisanales, nombreuses en Bretagne", reprend-il. Mais aussi les boulangeries de la grande distribution. "Nous les encourageons à vendre des produits faits avec de la farine bretonne et estampillés comme tel."
Déjà la Minoterie du Bocage a commencé il y a quelques années la vente d’une farine 100 % bretonne, avec du blé bretillien. Et elle commercialise depuis trois ans une farine, mélange de blé, chanvre et sarrasin bretons, baptisée Bigoud’Ic. "Si au niveau du blé, la filière n’avance pas aussi vite qu’on le voudrait, nous pourrions traiter davantage d’autres céréales bretonnes comme celles-là", pointe le dirigeant. Et d’autres encore. "Nous travaillons toujours à de nouvelles recettes", souligne Nicolas Raguenet, dont l’entreprise vend 34 farines différentes.
Passer à une production de 80 tonnes par jour
Avec cette nouvelle filière, la Minoterie du Bocage a l’ambition de pouvoir augmenter sa production de 50 tonnes de céréales traitées par jour actuellement, pour la faire passer à 80 tonnes. Et pourrait même faire plus car la capacité d’écrasement du site construit en 1843 s’élève à 120 tonnes par jour. À l’horizon 2030, son objectif est d’atteindre 100 % de production vertueuse (30 % de production locale et 70 % raisonnée et sans pesticide, notamment avec le label Agri-Ethique).
Deux nouvelles lignes d’ensachage
Une orientation environnementale développée notamment depuis son rachat par Bertrand Girardeau en 2012 et son incorporation dans le groupe des Moulins Associés (210 M€ de CA en 2023, 320 salariés), basé en Loire-Atlantique. Depuis, le site a été rénové et automatisé pour plus de 3 millions d’euros d’investissements. D’autres travaux se déroulent actuellement, pour une somme totale de 300 000 euros, destinés à deux nouvelles lignes d’ensachage.
Le groupe familial de 7 moulins, dont un deuxième Breton situé à Réguiny (Morbihan), la Minoterie de Corouge, propose également à ses clients des services comme de l’aide à la gestion, au développement de produit… et des formations. Le site costarmoricain accueille également des organismes de formation comme le lycée professionnel de Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor), et le CFA de Brest, pour des découvertes du métier de minotier et de ses machines spécifiques.