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La minoterie Trottin a investi plus d’un million d’euros dans son outil de production en l’espace de 7 ans
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La minoterie Trottin a investi plus d’un million d’euros dans son outil de production en l’espace de 7 ans

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L’entreprise familiale centenaire a renouvelé ses outils industriels pour élargir son offre de produits. Elle a fait le pari de la robotisation et anticipe la facturation électronique obligatoire en numérisant ses flux de données

Vincent et Claire Trottin, devant le moulin à cylindres de la minoterie familiale. Frère et sœur se sont associés pour diriger l’entreprise créée au début du XXe siècle — Photo : Frédéric Gérard

La plus vieille minoterie de la Sarthe veut "changer de siècle". La PME centenaire, implantée à Yvré-l’Évêque près du Mans, déploie depuis sept ans un plan d’investissement qui dépasse le million d’euros. La minoterie Trottin qui produit 12 000 tonnes de farine par an et fournit quelque 300 artisans boulangers dans le Grand Ouest et en Île-de-France. Elle réalise ainsi plus de 7 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel avec 25 salariés. La minoterie a réussi sa transmission familiale en juin 2023, avec un passage de témoin entre Georges Trottin, actuel directeur général délégué et ses deux enfants : Claire, 26 ans, formée au droit et à la finance, présidente ; et Vincent, 42 ans, directeur général, meunier de métier. Le frère et la sœur qui incarnent désormais la cinquième génération familiale à la tête de l’entreprise, ont résolument pris le virage de l’avenir en poursuivant la modernisation de l’outil industriel de la minoterie sarthoise, entamé en 2017.

Moudre le grain à l’ancienne

Après avoir installé des robots dans l’atelier de conditionnement et d’ensachage (un investissement de 350 000 euros), la minoterie a rénové son moulin à cylindres en 2020 (300 000 euros) et s’apprête à mettre en service un nouveau moulin à meule en granit. "C’est une méthode semblable à celle de nos arrière-grands-parents, souligne Vincent Trottin. C’est une autre façon de travailler les grains, en un seul passage, qui préserve au maximum leur qualité nutritionnelle. La meule va nous permettre de moudre d’autres céréales que le blé, comme du seigle, du sarrasin ou encore de l’épeautre. Nous pourrons ainsi proposer de nouveaux produits."

En 2025, le moulin centenaire de la Minoterie Trottin fera face à un moulin à meule — Photo : Frédéric Gérard

Cet investissement de 400 000 euros boucle l’enveloppe d’un million d’euros du plan d’investissement global mis en œuvre par l’entreprise en l’espace de sept ans. "Le moulin à meule devrait être en mis en activité en mai 2025", annonce Claire Trottin.

Le virage du numérique

D’autres investissements seront alors engagés dans un nouveau système anti-poussière et dans l’automatisation de tâches de manutention. "Ces aménagements vont permettre de réduire la pénibilité du travail et de gagner du temps" explique la jeune dirigeante qui se félicite par ailleurs de voir son entreprise prendre le virage du numérique pour tous ses flux de données. "Nous avons profité de l’obligation de dématérialiser les factures pour développer notre propre application, en cours de finalisation, confie Claire Trottin. L’application est reliée directement à notre ERP et nos clients pourront rapidement passer commande en ligne sans changer le planning des jours de livraison".

Le Mans # Agroalimentaire # PME # Investissement industriel