Les services de l’Armée le décrivent comme le plus grand camp militaire de France : 218 bâtiments, dont 187 chauffés, pour un total de 188 000 m2, répartis sur 9 000 hectares, dans la Marne, sur la commune de Mourmelon. Ce camp vient de bénéficier d’un chantier à 87 millions d’euros, lancé en 2021 par la ministre des Armées de l’époque, Florence Parly, et inauguré le 27 février. Avec un objectif : tourner la page du charbon, principal combustible utilisé jusqu’ici pour chauffer les bâtiments, au profit de la biomasse pour 80 % des besoins, le restant étant couvert par du gaz. Une véritable mutation énergétique qui a reçu le soutien du plan de relance à hauteur de 40 millions d’euros, et va permettre d’abaisser la consommation générale d’énergie de 44 % et de réduire les émissions de CO2 du site de 86 %.
De la plaquette forestière dans un rayon de 100 km
Sous la conduite du Service d’infrastructure de la défense Nord-Est, entité régionale en charge de l’administration et de la construction des infrastructures des armées, ce sont quatre entreprises qui ont été mobilisées, pour un contrat qui s’étale sur 20 ans. D’abord deux sociétés du groupe Vinci (280 000 salariés, 71,6 Md€ de CA), avec GTM Hallé et Sotram pour les travaux d’isolation thermique des bâtiments, de réhabilitation des sous-stations, de construction d’une nouvelle chaufferie et de démolition de l’ancienne chaufferie. Puis Sogea Environnement, autre filiale de Vinci, pour les travaux de voirie et d’extension du réseau de chaleur.
Un écosystème digital pour piloter l’installation
L’exploitation des installations a été confiée à Engie Solutions (16 000 salariés, 5,8 Md€ de CA), exploitation impliquant la fourniture en plaquettes forestières et en bois de recyclage dans un rayon de moins de 100 kilomètres. Chaque année, l’utilisation de biomasse devrait permettre d’éviter l’émission de 13 600 tonnes de CO2. Pour piloter les installations et arriver à la performance énergétique attendue, les équipes d’Engie Solutions ont déployé des outils de gestion centralisée, soit un "écosystème digital qui permet de faciliter le contrôle et d’optimiser le chauffage dans les bâtiments", décrit l’entreprise dans un communiqué.
Un réseau de chaleur de 17 km
La nouvelle chaufferie du camp est composée de deux chaudières biomasse d’une puissance totale de 5,6 MW, qui fourniront un total de 20 GWh d’énergie par an, et de deux chaudières fonctionnant au gaz, d’une puissance totale de 9 MW, installée pour servir d’appoint et de secours en cas d’incident ou de besoin de maintenance. Pour abriter ces équipements, GTM Hallé a construit un bâtiment dont les murs atteignent près de 13 mètres de haut. La chaleur produite est acheminée vers les bâtiments par un réseau de chaleur interne d’environ 17 kilomètres, qui sera entièrement rénové à l’issue du marché.