Plagistes : Saison 2010: le calme et la tempête
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Plagistes : Saison 2010: le calme et la tempête

Les plagistes Azuréens se relèvent à peine du coup de mer du 4mai, et déjà une question est soulevée: cet épisode aurait-il pu être évité avec de meilleures infrastructures? Les réponses divergent d'une ville à l'autre, entre Cannes qui installe ses digues et Nice qui clame son impuissance face à la profondeur de ses fonds. Heureusement, l'aide a-t-elle été au rendez-vous d'un bout à l'autre du département au lendemain de la tempête, alors que la saison commence à peine, après un hiver gâché par la météo, le nuage de cendres et les grèves. Lucie Lautrédou

Le 4mai, la Côte d'Azur avait plus les airs d'un littoral breton en plein mois de décembre que ceux d'une station balnéaire au printemps. La Prom', c'était Aquaboulevard grandeur nature, avec vagues sur la chaussée, plages pulvérisées et plagistes prisonniers de leurs locaux.




Digues ou pas digues?

De mémoire de Niçois, le dernier coup de mer de cette puissance date de 1959. Et encore, c'est du jamais vu en cette saison. Mais des années cinquante à 2010, les collectivités n'auraient-elles pas pu faire quelque chose pour sécuriser leurs plages? D'une ville à l'autre, les commentaires varient. De son côté, Cannes a d'ores et déjà entamé les travaux de construction de sa digue anti-houle. Ces travaux ont été freinés par le mauvais temps hivernal mais à toute chose malheur est bon, ce délai fait la démonstration de l'efficacité du système. En effet, les plages cannoises protégées par la structure ont été beaucoup moins touchées par le coup de mer que leurs voisines. Mais quid de Nice? Des digues immergées, c'est ce que les plagistes «réclament depuis toujours», tempête René Colomban, président du Syndicat des plages de Nice. La réponse de Véronique Paquis, adjointe au maire de Nice déléguée à la Recherche et au Développement Durable, est sans appel: les fonds sont trop profonds à Nice. Conséquence, «il n'existe aucune solution simple».




Des pertes estimées à 7M€

«Des digues auraient un impact sur la requalification des plages, et éviteraient de devoir les rengraisser», observe également le représentant syndical. Les galets visant à réapprovisionner la plage de Nice étaient d'ailleurs déjà livrés, prêts à être étalés, quand la mer a cogné. Une opération qui avait coûté 600.000€. Mais si l'adjointe au maire est incapable d'évaluer la quantité de pierres emportées, elle assure qu'il n'y aura pas de nouvelle livraison. La mer n'a pas emporté que des cailloux. La CCI, qui a mené une enquête auprès des plagistes du département, estime les pertes globales à 7M€, notamment entre Nice, Antibes et Cannes. D'après la Chambre, les pertes s'échelonnent de 3.000 à un million d'euros par plages, sachant que côté niçois le bâti a été touché, tandis que le Cannois déplorent surtout des pertes de mobilier.






rie noire sur les plages




L'institution estime qu'à l'échelle d'une saison, la perte d'exploitation due au coup de mer sera marginale. Il faut dire que certains rois du transat ont pu rouvrir deux jours après la tempête à Cannes, et dès le 8mai à Nice. Mais d'autres ne replanteront pas leurs parasols avant la mi-juin ou tourneront à mi-régime, et la baisse d'activité plombera les comptes. D'autant que pour les plagistes, l'épisode du 4mai est la rondelle de citron sur le cocktail. Entre nuage de cendres, grèves de la SNCF, météo au plus bas et déjà deux catastrophes naturelles dues aux coups de mer de l'hiver, les professionnels n'avaient pas besoin d'une vague de plus. D'après René Colomban, le chiffre d'affaires des plagistes est en retrait de 70% sur ces premiers mois d'hiver.

Le soleil après la tempête
Mais rayon de soleil après la tempête, le Festival du film et le retour du soleil ont redonné des couleurs à la saison. Et les plagistes saluent unanimement les efforts des collectivités pour remodeler les plages. Force06, la Croix Rouge, les pompiers... Tous étaient à pied d'oeuvre. Des aides financières et sociales ont également été débloquées: prêts à taux zéro, exonérations de redevance, chômage partiel... Au moment du bouclage du journal, le 26mai, les Azuréens attendaient toujours de savoir s'ils obtiendraient la reconnaissance de catastrophe naturelle qui leur permettrait d'être indemnisés plus rapidement par leurs assurances. Et ça, ce serait l'olive dans le Martini.

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