Il y a des anniversaires qui marquent, surtout quand ils sont doubles ! En 2025, Vincent Rault, président du groupe bretillien Ovalt (ex-Altenov, 63 M€ de CA en 2024), fête ses 50 ans. Tout comme le groupe qu’il préside. Créée derrière l’expertise d’OET, sa principale société établie à Betton au nord de Rennes, l’ETI de 500 salariés, concepteur de process et intégrateur de solutions pour les industriels, prévoit de marquer le coup derrière un événement "top secret" en septembre. "Nous évoluons dans le monde industriel qui n’est pas au mieux en ce moment. S’il n’y a pas d’industries, on n’existe pas. Mais nous avons des racines et un ADN dont nous sommes fiers, nous allons relever les prochains challenges avec des équipes passionnées et compétentes", prévient Vincent Rault. Le Costarmoricain d’origine, confiant, souhaite emmener le groupe à 700 personnes et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030.
160 embauches en deux ans
Les hommes sont la clé de voûte de l’entreprise. Si 38 % des parts du holding sont détenues par la société de gestion Breizh Rebond depuis 2022, la majorité (62 %) appartient à 200 salariés actionnaires, qui ont racheté le groupe en 2005, via un LBO (Leverage Buy-Out). "C’est quelque chose qui a du sens dans une société de services. Il y a une vraie appartenance et une volonté de nous développer", rend compte le chef d’entreprise. Le service RH a été sérieusement mis à contribution ces derniers mois pour accompagner ce développement. Ovalt a en effet recruté 160 collaborateurs ces deux dernières années. Et ce n’est pas fini. Une cinquantaine d’embauches sont encore planifiées en 2025, pour pallier en partie les départs en retraite. La société bretonne viendra présenter ses métiers lors du CFIA (Carrefour des Fournisseurs des Industries Agroalimentaires) de Rennes, début mars, au Parc Expo. Le groupe recherche en ce moment des électriciens, tuyauteurs, chefs de projet… Face à ses concurrents nationaux, SPIE et Vinci, ses connexions avec les écoles d’ingénieurs locales (Ecam, INSA, Agrocampus…) sont un moyen d’attirer à elle les nouveaux talents.
Une école de formation interne
L’enjeu est ensuite de pouvoir les conserver, le turn-over étant important dans le monde industriel.
Ovalt a des arguments pour cela : "Nous avons mis en place depuis trois ans un parcours d’intégration pour faire monter en compétences nos nouvelles recrues, les rassurer, les rendre plus performantes et meilleures au travail". Ce parcours d’intégration trouve sa place au sein de l’école de formation Indusia à Betton. Ce "lieu des savoirs et des compétences", qui s’appuie sur une solution numérique d’apprentissage, est ouvert à tout le monde. 240 collaborateurs ont pu être formés à 22 modules ces deux dernières années. Sur les métiers du groupe, mais aussi sur l’intelligence artificielle ou la cybersécurité par exemple.
Trois sites de production bretons
Chez Ovalt, où la mobilité interne est encouragée, les salariés peuvent évoluer derrière six filiales et trois sites de production, tous trois ancrés en Bretagne. Il y a celui de Lamballe (Côtes-d’Armor), expert dans la conception et la réalisation de process industriels ; l’établissement de Locminé, au nord de Vannes (Morbihan), spécialisé dans le pilotage des centres de tri ; et le site de Betton, dédié au pilotage des process. C’est le navire amiral du groupe avec plus de 300 collaborateurs. "Nous avons investi 20 millions d’euros là-bas dans des bâtiments neufs (une surface de 8 000 m² livrée en 2019, NDLR). Ils nous appartiennent et appartiennent aux salariés via une SCI. Je suis très content de l’avoir fait il y a cinq ans, je ne sais pas si le marché de l’immobilier nous aurait été aussi favorable aujourd’hui."
"Pilotage informatisé de l’usine"
Si ses sites de production sont proches, c’est parce que l’entreprise travaille principalement dans le grand Ouest (Bretagne, Normandie et Pays de la Loire). Une vaste région qui représente 70 % de son activité. Ovalt se positionne comme un partenaire clé de la transformation numérique des industriels, de la PME au grand groupe.
"On est en capacité de numériser, capter de la donnée, la restituer sous forme de tableau de bord, jusqu’à un vrai pilotage informatisé de l’usine", détaille Vincent Rault. Ovalt achève actuellement l’installation de la partie process de l’atelier de ferrage de l’usine Stellantis de Rennes qui accueillera prochainement des véhicules électriques. Ce marché à plus de 5 millions d’euros a mobilisé 50 personnes. "On vient câbler, raccorder, piloter les chaînes de fabrication dans l’assemblage de la voiture. Il faut récupérer les infos, envoyer les ordres de mouvement, regarder si la cadence est au rendez-vous, mesurer les indicateurs. Dans toute industrie, on a ce métier de pilotage des process, c’est notre métier historique", éclaire le dirigeant. La maîtrise de l’IA est une attente forte du moment. "Par rapport à l’auto-apprentissage ou l’analyse, l’IA (installée dans les automates des appareils industriels, NDLR) va permettre de capter plein de données, les meilleures pratiques, et piloter les machines. Elle va soulager les équipes, tout en améliorant les performances."
Un large éventail de marchés
Le cap de la cinquantaine ne fait pas peur à Ovalt. "Nous avons un terrain de jeu qui est assez grand dans l’industrie. Nous ne sommes pas comme en Allemagne où le taux de robotisation est déjà saturé…" Sa présence sur un large spectre de marchés protège également l’entreprise contre les aléas conjoncturels que rencontrent actuellement les manufacturiers de l’automobile, par exemple. En 2024, l’agriculture est le secteur le plus prolifique (25 % du CA). Mais Ovalt est aussi tourné vers les transports, l’énergie, la pharmacie, la cosmétique ou l’environnement. Et la diversification se poursuit. "Tout ce qui est engrais à base d’algues est porteur pour nous en ce moment. Nous avons des clients qui passent à une vague d’industrialisation, on va pouvoir intervenir pour automatiser les process et les rendre plus robustes." Engagé sur l’innovation, Ovalt n’a pas fini de se réinventer, au service de l’industrie bretonne et française.