L’ingénieur électronicien Raphaël Bourdon en est convaincu : "L’avenir, c’est la robotique". Ce n’est pas pour rien que le cofondateur de l’entreprise de drones sous-marins morbihannais RTSys s’apprête à consacrer 100 % de son temps à un autre projet entrepreneurial : AgriProTech (20 salariés, 1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2024), une autre entreprise sous sa férule. Celle-ci est basée à Quimperlé en Finistère. La PME peaufine actuellement la troisième génération d’un drone terrestre baptisé "RovTrac".
Des effaroucheurs sonores et lasers
Commercialisé à partir de 2028, l’engin viendra compléter la gamme d’effaroucheurs électroniques conçus par la société innovante pour protéger des oiseaux et gibiers, et "de façon durable", les cultures agricoles, mais aussi les toitures industrielles, les entrepôts logistiques, les centrales photovoltaïques, ou encore les zones sensibles des ports et aéroports, sans intrants phytosanitaires.
Monté sur quatre roues, ce drone terrestre est équipé des deux types d’effaroucheurs créés par AgriProTech : les effaroucheurs sonores et lasers. Ce robot, "mobile et autonome", sorte de formule "trois en un" est "un robot sentinelle, qui fonctionne avec une batterie électrique, scanne et détecte la présence de gibier ou d’oiseaux. Il active alors les systèmes d’effarouchement", détaille Raphaël Bourdon.
Une PME en croissance
Le dirigeant, qui évoque un "fort intérêt" de sa clientèle agricole pour cette solution, espère qu’une fois commercialisée, elle contribuera à dynamiser encore la croissance de la PME, dont la trajectoire est d’ores et déjà positive : son chiffre d’affaires devrait ainsi passer d’un peu plus d’un million d’euros en 2024, à 1,7 million en 2026 et, à plus de 3 millions à horizon 2030. AgriProTech espère par ailleurs compter une vingtaine de collaborateurs d’ici quatre ans, contre quinze actuellement, répartis entre le site de Quimperlé (10 personnes) et deux agences commerciales ouvertes en 2025 en Suède et en Roumanie.
"Pas de concurrent"
La croissance actuelle s’appuie surtout sur la marque BirdProTech, qui propose ses solutions aux industriels. Avec son drone, Raphaël Bourdon espère redynamiser son activité agricole, plus à la peine en 2025. "Le RovTrac s’adapte aux contraintes environnementales, comme les fossés, les étangs, les haies…" De quoi tirer parti de "la mutation des marchés agricoles avec des parcelles de plus en plus grandes, à cause des regroupements de fermes". Les perspectives sont d’autant plus prometteuses, anticipe-t-il, que contrairement aux techniques sonores ou laser, où la PME finistérienne doit jouer des coudes avec des compétiteurs comme le néerlandais Bird Control Group, "il n’y a quasiment pas de concurrents sur le marché du drone".