À l’occasion de la présentation du plan d’action 2025 de Petit Navire (900 collaborateurs, 420 M€ de CA), vous avez annoncé un investissement de 18 millions d’euros pour votre site Meralliance à Quimper, spécialisé sur les saumons fumés. Pouvez-vous nous détailler ce projet ?
Il s’agit d’un projet de modernisation du site sur quatre ans. L’investissement (porté par le groupe Thai Union, NDLR) vise à améliorer la qualité, la productivité et la capacité du site. L’usine s’étend aujourd’hui sur 11 200 mètres carrés. Nous allons ajouter 4 000 m2 supplémentaires, non pas uniquement pour du stockage, mais surtout pour optimiser l’organisation des flux et moderniser les opérations. À terme, nous visons une augmentation de 30 % de notre capacité de production.
Que vont favoriser ces investissements au niveau opérationnel ?
Ils vont permettre d’optimiser les flux de production, d’automatiser certaines étapes comme le désarêtage et de réduire les manipulations manuelles. Cela s’accompagne aussi d’initiatives fortes pour réduire les consommations d’eau et d’énergie, en ligne avec nos engagements de durabilité.
L’investissement de 18 millions d’euros générera-t-il des embauches ?
Non, cet investissement se fera à périmètre constant. Il s’agit d’un projet d’amélioration continue de notre performance industrielle, sans impact sur les effectifs.
"Nous développons de nouvelles références en truite fumée."
Quelles sont les caractéristiques du site de Quimper ?
Le site de Quimper emploie environ 450 personnes, et joue un rôle central dans notre activité frais, puisque l’intégralité des produits frais commercialisés en France y est fumée et transformée. Nous travaillons principalement avec du saumon d’élevage, mais aussi du saumon sauvage. Nous développons également de nouvelles références en truite fumée, produit qui montera en puissance dès 2025 et sera transformée sur les mêmes lignes que le saumon, ce qui permet d’optimiser notre outil industriel.
Quelle est la part du frais dans l’activité de Petit Navire aujourd’hui ?
Le segment des produits frais, notamment le poisson fumé, représente un tiers de notre chiffre d’affaires en France. Nous opérons sur ce marché avec la marque Petit Navire. En 2024, Petit Navire est devenu la première marque contributrice à la croissance du marché du saumon fumé frais en France.
Quelle est la répartition entre la marque Petit Navire et les marques de distributeurs ?
Aujourd’hui, un quart de notre activité concerne Petit Navire et les trois quarts restants concernent les marques de distributeurs (MDD).
"L’essentiel de notre approvisionnement provient de l’aquaculture norvégienne."
Vos approvisionnements en poisson sur le site de Quimper sont-ils sécurisés ?
L’essentiel de notre approvisionnement provient de l’aquaculture norvégienne, auprès de partenaires historiques, dont 70 % sont certifiés ASC (label pour les produits de la mer issus de l’aquaculture, NDLR). C’est une filière que nous connaissons bien, et qui a évolué en matière de gestion des ressources et de traçabilité.
Dans le cadre de la modernisation du site de Quimper, prévoyez-vous de rapatrier vos activités logistiques présentes à Landivisiau ?
Aucun changement n’est prévu sur ce point : l’un concentre la production, l’autre la distribution, ce qui garantit une meilleure efficacité opérationnelle.
Vous évoquez aussi des travaux en lien avec le développement durable. De quoi s’agit-il ?
À Quimper, depuis 2021, nous avons réduit la consommation d’eau de 32 %, notamment grâce à des mesures comme la réutilisation des eaux usées, la récupération de l’eau de pluie et l’optimisation des procédés industriels. De plus, l’installation de pompes à chaleur en 2024 a permis d’éliminer totalement la consommation de gaz naturel.
Thai Union Group exploite aussi un site à Douarnenez (Ets Paul Paulet). Il participe à l’activité historique de Petit Navire sur ses produits de conserve. Comment cet établissement évolue-t-il ?
C’est un site historique, spécialisé dans des produits élaborés, comme les Recettes de Douarnenez, une gamme lancée en 2013 qui présente plusieurs références d’émiettées de thon mariné, de tartinables, salades ou encore miettes de thon. Le site emploie environ 200 personnes et représente une part importante de notre chiffre d’affaires sur la conserve de poisson (environ 265 millions d’euros sur un total de 420 millions).
Y a-t-il des investissements prévus sur ce site ?
Aucun projet d’investissement n’est prévu en 2025 sur le site de Douarnenez, mais nous poursuivons nos initiatives. Par exemple, le changement d’une chaudière à gaz par un modèle plus efficient en mars 2025 va permettre d’éviter l’émission de 3 600 tonnes de CO2 équivalent par an. Nous visons également une réduction de 20 % de la consommation d’eau d’ici 2026.
Comment la marque Petit Navire se porte-t-elle ? Continuez-vous de gagner des parts de marché en GMS ?
Avec environ 420 millions d’euros de chiffres d’affaires réalisés en France, Petit Navire est leader sur la conserve de poisson et le poisson fumé frais. La marque est particulièrement dominante sur le marché du thon avec une part de marché en valeur de 28,5 % en 2024. Elle est solidement ancrée dans les habitudes de consommation puisqu’elle est présente dans près d’un foyer français sur deux. Petit Navire bénéficie également d’une très forte notoriété sur le segment des conserves de poisson.
"La marque Petit Navire est solidement ancrée dans les habitudes de consommation."
Dans un rapport publié en octobre dernier, l’ONG Bloom a mis en cause le site de Douarnenez sur des teneurs en mercure dépassant la réglementation dans certaines boîtes de thon. Que leur répondez-vous ? Votre politique sur la sécurité alimentaire de vos aliments est-elle défaillante ?
Nous sommes depuis longtemps extrêmement sensibles et vigilants sur le sujet du mercure, et nos produits sont régulièrement contrôlés. Ces huit dernières années, plus de 3 000 contrôles ont été réalisés par les entreprises membres de la FIAC (Fédération française des Industries d’Aliments Conservés), et aucun résultat n’était supérieur au seuil maximal autorisé. Afin de rassurer encore davantage nos consommateurs, l’intégralité des résultats de ces contrôles a été partagée publiquement sur le site web conservesdepoissons.fr et nous avons également décidé de doubler le nombre de contrôles dès 2025.