Votre arrivée à la direction générale d’Happywool ouvre-t-elle une nouvelle étape de développement ?
J’ai rejoint l’entreprise Happywool en début d’année parce qu’elle portait un projet particulièrement intéressant. Celui du retournement d’une entreprise nordiste qui commercialise deux marques de fil à tricoter centenaires, Phildar, âgée de 122 ans et Pingouin, qui a 95 ans. La première étape de ce projet a été menée par mon prédécesseur, Eric Vandendriessche. Son objectif était de faire renaître cette entreprise de ses cendres, après sa reprise en septembre 2020 à la barre de tribunal de commerce. Et il a été rempli : désormais, le chiffre d’affaires est réalisé à plus de 65 % sur le digital, Happywool s’est recentrée sur le tricot (en abandonnant son activité de prêt-à-porter, NDLR) est devenue une entreprise à mission, a lancé une école numérique pour apprendre le tricot et le crochet… Cette ancienne entreprise a réussi à s’adapter et à se réinventer, tout en conservant son savoir-faire et ses compétences. Elle affiche une croissance de son chiffre d’affaires (20,7 M€ en 2024, NDLR) supérieure à celle du marché… L’objectif est à présent de rendre Happywool rentable le plus rapidement possible, pour aller ensuite chercher de nouveaux leviers de croissance.
Sur quoi allez-vous concentrer vos efforts ?
Sur le recrutement et la fidélisation de clients, dans un premier temps. C’est une compétence forte que j’ai acquise durant ma carrière et que je suis fière d’apporter à cette entreprise, dont le métier ne consiste pas simplement à vendre de la laine. Phildar et Pingouin sont des marques à affect, qui réunissent une communauté de passionnés, créant des rencontres et du lien social. La meilleure illustration de ce phénomène, c’est que parmi notre centaine de collaborateurs, quelques-uns constituent la troisième génération d’une même famille à travailler dans l’entreprise. Nous allons donc nous concentrer sur le regard du client et aligner les points de contacts, pour leur parler de manière efficace. Il faut être là où le client se trouve. D’autant que 25 % de la population française sait mal tricoter et aimerait s’améliorer ou s’y mettre. C’est une activité qui revient à la mode, notamment auprès des jeunes : on l’a vu avec le nageur britannique Tom Daley durant les JO de Paris. Le tricot aide à décrocher des écrans ou à gérer son stress… Depuis mon arrivée, nous avons par exemple lancé un kit grand débutant au crochet, pour recruter de nouveaux clients. Nous lançons aussi une offre de fils 100 % nobles, en réponse à une demande existante. Nous allons encore renforcer les points de diffusion, au nombre d’environ 1 200 pour le moment en France et à l’international.
Quelles sont justement vos ambitions à l’international ?
Il y a une volonté d’accélérer à l’international en jouant la carte de la qualité et de la patte française. Nous sommes déjà présents dans une dizaine de pays, comme la Corée du Sud, le Canada, la Belgique… Dès 2025, nous allons nous lancer aux Pays Bas, en misant sur différents canaux de vente. Nous allons notamment traduire notre site en néerlandais, mais aussi nous constituer un réseau de distributeurs indépendants, auprès de merceries locales par exemple. Le risque est maîtrisé dans la mesure où nos produits fonctionnent très bien en Belgique et que les Pays Bas représentent un marché d’extension au marché belge.