« Si je devais l'abandonner, je vous l'aurais déjà dit », « la procédure d'attribution du partenariat public-privé (PPP) pour la construction du canal n'est pas arrivée à son terme. Nous cherchons toutes les pistes pour aboutir à un résultat », a martelé ce lundi Frédéric Cuvillier, ministre des Transports qui donnait une conférence de presse à Béthune au siège de VNF (Voie Navigable de France). Le ministre délégué voulait couper court à la rumeur : non le projet pharaonique de remise en service du Canal Seine-Nord Europe n'est pas enterré. Le dialogue compétitif n'est pas suspendu a-t-il affirmé, rejetant ainsi les dires de Bouygues Construction. Le Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie a par ailleurs confirmé avoir demandé une analyse de faisabilité financière. Frédéric Cuvillier a indiqué chercher à obtenir des financements européens pour compléter l'enveloppe de subventions européennes de l'ordre de 6,22 % de la somme. Une proportion jugée insuffisante. Il a enfin déclaré avoir pris contact avec les futurs utilisateurs du canal et annoncé qu'une consultation serait organisée.
Un potentiel de 28 millions de tonnes de trafic fluvial à l'horizon 2050
Ce chantier colossal qui doit relier Paris et les ports du Nord de l'Europe est présenté comme « Le » futur « axe marchand pour 2016 », avec un potentiel évalué à 28 millions de tonnes de trafic fluvial à l'horizon 2050. Autour du canal, quatre plateformes logistiques doivent aussi être aménagées.
Mais la crise semble remettre en cause un projet dont le montant global avait été évalué, en 2009 à 4,3 milliards d’euros, plateformes logistiques comprises. Il semblerait que les offres initiales dépassent « significativement » l’enveloppe de départ retenue par les porteurs du projet.
Bouygues et Vinci : des difficultés sur le financement bancaire
« Compte tenu du contexte financier international actuel, les candidats Bouygues et Vinci semblent rencontrer des difficultés à progresser sur le financement bancaire de leur partie du projet et à stabiliser des annuités acceptables par VNF (Voie Navigable de France) et l’État », expliquait vendredi un communiqué du gouvernement. « L’opération est suspendue », déclarait le dirigeant de Bouygues Construction, Yves Gabriel.
Pour mémoire, le plan de financement envisagé reposait sur l’apport d’une subvention publique de 2,2 Md€ et sur un préfinancement du complément par le partenaire privé. Ce revirement avait déclenché l'ire des élus et notamment du maire de Cambrai qui a organisé, ce lundi,
une réunion pour créer le collectif « Unis pour ne pas subir ».
Non le projet de Canal Seine-Nord Europe n'est pas enterré, promet Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, à la Mer et à la Pêche, qui donnait ce lundi, une conférence de presse à Béthune, pour infirmer les propos du président de Bouygues Conbstruction. > Ici notre précédent dossier complet sur le sujet