Nào do Brasil : La tennis brésilienne part du bon pied
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Nào do Brasil : La tennis brésilienne part du bon pied

En misant sur ces baskets bigarrés, Gérard Mandréa a visé juste. Sa première boutique, ouverte il y a six mois à peine, fait un carton. Les demandes de franchise affluent du monde entier.

Gérard Mandréa est un entrepreneur atypique qui fonctionne à l'instinct. Lorsqu'il découvre des baskets fabriquées de manière artisanale, au Brésil, le charme opère. L'idée de les commercialiser en France fait son chemin. «J'ai tout de suite su que c'était un bon produit, explique-t-il. Je me suis mis à dessiner une collection.» L'ancien architecte retrouve le plaisir du crayon. Il améliore la paire, multiplie les couleurs, choisit les tissus avec soin. Vient ensuite le moment d'investir et de recruter des artisans. «Uniquement des adultes, précise-t-il. La loi brésilienne interdit le travail des enfants et nous mettons un point d'honneur à la respecter.» Les chaussures Nào sont fabriquées en atelier et cousues à la main dans certains quartiers défavorisés de la région du Minas Geraïs. Vingt-cinq personnes travaillent pour la marque au Brésil.




Une boutique pilote à Juan

Après deux années de gestation, le projet de Gérard Mandréa se concrétise en avril dernier. Sa première boutique ouvre ses portes dans l'une des rues les plus commerçantes de Juan-les-Pins. Le concept est inédit. Les baskets sont rangées par pointure (du 18 au 47). Les clients peuvent choisir parmi plus de 250 modèles. «Tous sont ultra légers, confortables et lavables en machine.» Côté tarif, la Nào se révèle compétitive: 45euros la paire classique, 59euros la série spéciale. «Nous pensions attirer surtout des jeunes, confie l'entrepreneur, mais nous nous sommes trompés de cible. Nos clients ont entre 25 et 70 ans.» Depuis leur lancement, ces «tennis de loisirs» multicolores s'arrachent. En six mois, plus de 7.000 paires ont été vendues. La nouvelle enseigne a même dû faire face à une rupture de stock cet été.




Des franchises par dizaines

Pour financer son projet, Gérard Mandréa a puisé dans ses propres deniers. «J'ai eu plusieurs vies. Après avoir été architecte, je me suis retrouvé à la tête d'une concession automobile.» Sa revente a permis de mettre Nào sur les rails. Aujourd'hui, à 63 ans, l'Azuréen voit loin. Pour lui bien sûr, mais aussi pour ses enfants. Les demandes de franchise arrivent des États-Unis, de Dubaï, d'Italie ou encore de Syrie. Un magasin devrait ouvrir prochainement à Londres, un autre à Miami. «Je ne demande pas un sou au moment de signer le contrat, je n'exige pas de royalties par la suite. Tout ce que je veux, c'est que les franchisés paient les 3.000 paires de chaussures de leur stock.» Selon les estimations du dépositaire de la marque, «près de 40.000euros» seraient nécessaires pour monter une boutique et l'aménager selon la charte Nào. Au moment de choisir ses collaborateurs, Gérard Mandréa prouve une fois de plus qu'il raisonne au feeling. Pas de contrat, si le courant ne passe pas! «Nao, ce n'est pas que du business», sourit-il.

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