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Municipales à Montpellier : le Medef impose le débat économique aux candidats
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Municipales à Montpellier : le Medef impose le débat économique aux candidats

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Dans un débat organisé le 10 février par le Medef Hérault Montpellier, les prétendants à la mairie ont esquissé des réponses parfois convergentes, souvent divergentes, sur la place de l’entreprise dans le projet métropolitain. Derrière les annonces en matière d’attractivité, de fiscalité et d’écologie se dessinent des visions contrastées de la gouvernance économique.

Nathalie Oziol, Isabelle Perrein, Jean-Louis Roumégas, Michaël Delafosse et Thierry Tsagalos ont été conviés à débattre par le Medef Montpellier Hérault — Photo : Anthony Rey

Quelques semaines après la publication d’un livre blanc édité par le Medef Hérault Montpellier (850 adhérents) en vue des élections municipales de Montpellier, le syndicat patronal est passé aux travaux pratiques en conviant les candidats à débattre, le 10 février, devant 320 participants. Ont répondu présents le maire sortant Michaël Delafosse (PS), Nathalie Oziol (LFI), Isabelle Perrein (LR-UDI-Modem), Jean-Louis Roumégas (EELV) et Thierry Tsagalos (RN dissident). "Nous plaidons pour la création d’un comité trimestriel avec la Ville et la Métropole de Montpellier, de sorte à mieux évaluer avec elles les politiques qui touchent les entreprises", indique son président Jean-Marc Oluski en guise d’introduction.

Mieux accompagner les entreprises

En matière de développement économique, Michaël Delafosse promet de faire du sujet sa priorité en cas de réélection. Rappelant le travail engagé sur le dernier mandat dans la structuration des filières locales (santé, industries culturelles, énergies vertes), il indique que la moitié des 750 hectares prévus au titre du nouveau PLUI, voté en juillet 2025, sera réservée à l’installation d’entreprises. "Nous instaurerons un Welcome package (lot de mesures incitatives, NDLR) pour mieux accompagner leurs salariés, avec des actions sur le logement ou l’accueil de la petite enfance", annonce-t-il, chiffrant à 30 000 son objectif de création d’emplois dans la Métropole.

Deux de ses adversaires lui reprochent d’avoir sous-estimé le marketing territorial. "L’Agence des transitions est trop discrète. Nous devrons élargir la zone d’influence de Montpellier en nouant des alliances avec les agences économiques de Perpignan jusqu’à Marseille", propose Thierry Tsagalos. Pour sa part, Isabelle Perrein veut préserver du foncier pour retenir les entreprises en croissance, simplifier les procédures en matière d’urbanisme, créer des cursus tournés vers l’international à l’Université de Montpellier, et lancer "une marque territoriale unique pour le faire savoir".

Le niveau d’imposition en question

Sur le volet de la fiscalité des entreprises, le Medef Montpellier Hérault rappelle qu’elle a augmenté de 18 % entre 2022 et 2024. "Pour financer un grand programme sur la mobilité (5e ligne de tramway, création d’un trambus…, NDLR) qui profite à l’activité", répond le maire sortant, qui annonce toutefois un gel de la CFE, à son taux actuel de 36,5 %.

Jean-Louis Roumégas plaide pour "une co-construction des politiques publiques" sur le sujet. "Il nous faut une fiscalité prévisible, car les entreprises ont besoin d’une vision de long terme. La taxe sur les ordures ménagères (TOM) est un impôt injuste, qui doit être remplacé par une redevance liée au volume de déchets produits", illustre-t-il. Pour sa part, Nathalie Oziol estime que, "l’impôt sur les sociétés n’étant pas progressif, il pèse plus sur les PME que les grandes entreprises" : pour aider les premières, elle promet de "faciliter l’accès à la commande publique, et de flécher les aides vers les PME les plus vertueuses sur le plan écologique".

Vers une transition écologique mieux gérée

Enfin, l’enjeu de l’écologie semble interpeller les adhérents du Medef : seuls 12 % d’entre eux estiment qu’il est bien géré à Montpellier. Le constat, chez certains candidats, semble imposer de lui-même une idée commune : la création d’une régie publique locale des énergies renouvelables. "Pour accompagner les PME dans une transition qui ne soit pas punitive", souligne Thierry Tsagalos. "Pour aider l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments tertiaires", projette Isabelle Perrein. "Pour lancer une offre d’électricité 100 % décarbonée", imagine Nathalie Oziol.

Ce dernier sujet conserve, dans les débats, un lien étroit avec celui de la fiscalité. Michaël Delafosse veut transformer Amétyst, l’usine locale de méthanisation ouverte en 2008, en installant un incinérateur CSR (combustible solide de récupération) "afin de mieux gérer nos déchets et de produire de la chaleur au bénéfice des entreprises" : "On pourra de la sorte réduire la TOM de 10 %", évalue le maire sortant. Un projet que combat notamment EELV : "Avec la création d’un incinérateur CSR, la TOM va au contraire exploser dans les années à venir", prévient Jean-Louis Roumégas.

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