Selon une étude d’Arthur Loyd publiée en janvier, Montpellier se classe en tête des Métropoles de moins d’un million d’habitants dans 3 thématiques sur 4 (vitalité économique, accueil des entreprises et connectivité). Du pain béni pour le maire sortant Michaël Delafosse (PS), qui se représente ? Pourtant le Medef Montpellier Hérault (850 adhérents) se positionne comme "un syndicat de combat" à l’approche des élections. "L’État se félicite de la croissance retrouvée au dernier trimestre 2025, mais on ne la ressent pas dans les filières qui font vivre le territoire, comme l’immobilier et les énergies vertes. D’après le tribunal de commerce de Montpellier, le taux de défaut des PME sur le haut de bilan est à la hausse (32% de redressements en plus en 2025, NDLR)", affirme son président Jean-Marc Oluski.
Une offre de logements en souffrance
Pour appuyer ses dires, le Medef Montpellier Hérault publie un livre blanc écrit après un sondage interne (350 répondants), qu’il a envoyé à tous les candidats. En matière d’attractivité résidentielle, 64 % des patrons disent que leurs salariés ont du mal à se loger dans la Métropole : un argument que le syndicat relie aux lourds investissements (1 Md€) réalisés pour la mobilité en un mandat (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, création d’un trambus…). "Ce ne sera pas un facteur d’attractivité si le logement fait défaut. Et l’encadrement des loyers (expérimenté depuis 2022, NDLR) n’incite pas non plus à relancer l’investissement locatif", souligne le président, qui propose d’intégrer la gouvernance locale du logement pour en faire un levier de compétitivité territoriale et pour en produire à proximité des bassins d’emplois.
Accélérer la capacité d’exécution
Conséquence : 60 % des patrons jugent la fiscalité mobilité trop élevée, ciblant notamment le versement mobilité, le stationnement et les contraintes liées à la ZFE. "Nos adhérents bloquent le recrutement et l’investissement par manque de visibilité fiscale", note le Medef, qui évalue à 8,1 % la hausse des impôts dans la Métropole en 2024.
Autre grief lié au précédent : la complexité administrative. "Les entreprises qui veulent s’installer ici y regardent à deux fois. Trop de dossiers partent vers l’Agglo de Nîmes car les délais d’instruction sont plus courts et la fiscalité plus favorable", juge Jean-Marc Oluski. Pour en sortir, son syndicat préconise la création d’un comité trimestriel avec la Ville et la Métropole de Montpellier, chargé de prioriser les projets et de cofinancer des expérimentations.
Une logique d’agence à réécrire
Pour sa part, la CPME Hérault (650 adhérents) observe que "dans un contexte instable, les entreprises du territoire tiennent". Elle relève notamment que le travail de structuration des filières (santé, énergies renouvelables) mené au cours du mandat porte ses fruits, avec des réussites de niveau mondial dans le cas des industries créatives, comme Sandfall Interactive et Illogic Studios.
Mais le syndicat veut aller plus loin dans l’attractivité : l’Agence des transitions, créée en 2023 pour coordonner 200 communes sur le sujet, lui paraît limitée en l’état. "Son échelle territoriale voudrait qu’elle travaille sur des enjeux comme la fiscalité et l’attractivité. Le nouveau PLUI (voté en juillet 2025, NDLR) prévoit de nouvelles zones à cette fin. Il faut instaurer une logique de guichet unique pour ne plus perdre de grands dossiers d’implantation", propose son président Grégory Blanvillain.
L’identité montpelliéraine en question
Ce dernier rappelle aussi que Montpellier a perdu son statut de capitale régionale avec la création de l’Occitanie, alors que la région fête ses dix ans. Il reste du travail à faire, selon lui, dans la valorisation du territoire. "Nous restons la seule Métropole de France sans marque territoriale. En termes de tourisme, la moyenne de nuitées est de 2,5 : c’est très insuffisant. Qui sommes-nous ? La promotion perso de chaque office du tourisme doit cesser. Il faut une démarche commune pour embarquer les autres intercommunalités", poursuit Grégory Blanvillain.
Globalement, la CPME Hérault se dit toutefois optimiste, "à rebours des discours alarmistes", pour la prochaine mandature. Son président se projette ainsi : "Les investissements du dernier mandat, pas nécessairement axés sur l’économie, constituent un travail de fondation. Ils porteront leurs fruits par la suite, d’autant que la dynamique économique dans l’Hérault reste positive : le nombre d’entreprises est passé de 50 000 à 104 000 en dix ans".