Nantes
Malgré l’arrêt du projet Ecocombust à Cordemais, Paprec poursuit sa marche en avant dans le grand Ouest
Nantes # Gestion des déchets et recyclage # Grandes Entreprises

Malgré l’arrêt du projet Ecocombust à Cordemais, Paprec poursuit sa marche en avant dans le grand Ouest

S'abonner

Le géant français de la gestion des déchets était à l’étroit dans ses locaux, et vient d’inaugurer son nouveau siège nantais. Si l’arrêt du projet Ecocombust à Cordemais l’année dernière marque une déception pour le groupe, ce dernier poursuit tout de même son ascension dans le grand Ouest, en France, mais aussi à l’international.

Sébastien Petithuguenin, directeur général du groupe Paprec, Thierry Seiller, directeur du Grand Ouest, et Stéphane Armange, directeur du site de Saint-Herblain, inauguraient l’extension du siège nantais de Paprec — Photo : Benjamin Robert

"Nous avons débuté à deux à l’époque, en 2000, dans de petits locaux à Orvault", se remémore, presque nostalgique, Stéphane Armange, directeur du site Paprec de Saint-Herblain. Ce site fait aujourd’hui partie des cinq sièges nationaux qui contribuent à décentraliser la direction de Paprec, avec celui de Lyon, de Toulon, et de Toulouse, et de la Courneuve, le siège historique. Sous un grand ciel bleu, le spécialiste français de la gestion des déchets vient d’inaugurer un agrandissement, de 1 300 m² pour quelques millions d’euros, disposant dorénavant de presque 8 000 m² sur place.

Paprec vient d'inaugurer son nouveau siège nantais — Photo : Paprec

"Nous avons grandi tous les ans depuis 25 ans. Nous sommes aujourd’hui 280 personnes, ce qui en fait le plus grand siège du groupe", souligne Stéphane Armange.

500 millions d’euros de chiffre d’affaires

Thierry Seiller, directeur régional du Grand Ouest, qui regroupe les Pays de la Loire, la Bretagne, et le Centre-Val de Loire, livre son analyse pour expliquer ce fort développement : "C’est aussi lié à un territoire, que je qualifierais de civique. Il y a un taux de refus de tri plus faible ici que dans d’autres régions françaises, autant au niveau des particuliers que des entreprises". Le grand Ouest pèse pour Paprec 500 millions d’euros de chiffre d’affaires (sur 3 milliards de CA au niveau du groupe), avec 2 500 personnes (contre 16 000 au total), et avec une cinquantaine de sites (350 sites au total).

Paprec gère une cinquantaine de sites dans le grand Ouest — Photo : Paprec

Un territoire important où la progression semble fulgurante, mais sans que cela ne soit non plus une surprise à la vue des contrats remportés récemment. Fin 2024, Paprec a décroché, aux côtés de Séché Environnement, la reconstruction du plus gros centre de valorisation des déchets en France, un chantier de plus de 300 millions d’euros, situé à la prairie de Mauves à Nantes. De quoi en faire une usine "au plus haut niveau environnemental européen", promettait alors le groupe.

Une accélération vers l’Europe de l’Est

Le groupe Paprec gère aujourd’hui 16 millions de tonnes de déchets par an, et en vend 4 millions de tonnes. "Notre principale activité est basée sur la gestion du papier et du carton, mais nous nourrissons aujourd’hui de grandes ambitions sur la ferraille, et les métaux", note Stéphane Armange. La croissance globale ne semble pas près de s’arrêter, puisque le groupe vise les 3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 2025.

"La proportion de l’international dans notre chiffre d’affaires en amenée à grandir"

Si les chiffres semblent au beau fixe, cela n’empêche pas quelques déconvenues. Par exemple, l’arrêt du projet Ecocombust, visant à convertir la centrale à charbon EDF de Cordemais en un site de biomasse. "C’est une déception car nous avions beaucoup investi", relate Sébastien Petithuguenin, directeur général du groupe Paprec, qui avait fait le déplacement pour l’occasion. Le procédé, consistant à fabriquer des pellets à partir de déchets de bois, n’est pas pour autant rangé au placard. "C’est une technologie avec un fort potentiel, notamment dans certains pays européens de l’Est, comme la Pologne et la Hongrie, où la dépendance au charbon est encore très forte", analyse le directeur général. D’ailleurs, ce dernier ne cache pas ses ambitions de rentrer dans une phase plus internationale du développement de Paprec. Le groupe, qui se revendique numéro 1 du recyclage et numéro 2 du traitement des déchets en France, réalise actuellement 500 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’étranger. "Une proportion amenée à grandir", pointe le directeur général. "Même dans des pays plus proches, comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, le marché de la collecte des déchets n’est pas aussi mûr qu’en France. Il y a donc des opportunités pour diffuser notre savoir-faire".

Nantes # Gestion des déchets et recyclage # Grandes Entreprises # Production