Basé à Dieppe (Seine-Maritime), le groupe Maison Novick (CA 2024 : 15 M€, 150 salariés), créé par Stéphane et Tatiana Novick en 1998, s’apprête à ouvrir deux nouveaux établissements. En février, un ancien kebab de la place centrale de Dieppe laissera place à un glacier.
"En 30 ans, nous avons possédé, acheté, revendu une vingtaine d’établissements. Crêperie, pizzeria, cuisine traditionnelle, nous avons presque tout fait sauf la haute gastronomie et le fast-food. Et ce glacier, qui sera nouveau pour nous", décrit Tatiana Novick.
Un million d’euros pour rouvrir le Walsheim
Plus remarquée encore sera probablement la réouverture du Walsheim à Rouen. Cette "brasserie mythique" spécialisée dans la choucroute, pouvait servir 150 à 200 couverts, mais a connu une liquidation judiciaire. Maison Novick l’a reprise au tribunal au printemps pour la transformer… en salon de thé-pâtisserie. Il ouvrira au printemps 2026, après une rénovation complète, et plus d’un million d’euros de travaux. Près d’une vingtaine de personnes y travailleront.
La barre des 200 salariés en vue
Le groupe normand poursuit ainsi sur une phase de croissance (+ 30 % en 5 ans) accélérée à la faveur du Covid.
"Cette période a été difficile, mais ceux qui ont osé, comme nous, en ont profité", relate la dirigeante. Certains établissements inaccessibles en temps normal se sont trouvés en vente, dans un contexte où les négociations ont été facilitées.
Maison Novick comptait trois établissements de restauration avant le Covid. Aujourd’hui, l’entreprise en possède neuf. Avec ces deux nouveaux établissements, l’effectif va croître d’une vingtaine de collaborateurs. En incluant les saisonniers, la barre des 200 personnes sera franchie.
Le premier combat de MMA dans un bar
Ce succès est aussi porté par le bar sportif The Novick’s Stadium, inventé par le couple à Rouen en 2018. "Nous avons créé ce concept unique au monde. Nous avons amené un stade dans un bar, avec un ring de boxe, des gradins pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes, des écrans géants, un mur à bière, etc.", décrit Tatiana Novick. "C’est un endroit qui vit en permanence." Outre des matches de boxe, les gérants y ont organisé le premier combat de MMA dans un bar en France. Et quotidiennement sont diffusés sur les écrans géants les matches de foot ou de rugby des équipes nationales mais aussi locales. Le groupe a ouvert un second Novick’s Stadium, de plus petit format, à Dieppe.
Un développement en franchise hors des frontières régionales
L’originalité des Novick’s Stadium leur a valu un succès de fréquentation et l’intérêt de professionnels venus de l’étranger, jusque des États-Unis. Après une tentative bloquée par le Covid, le projet de devenir franchiseur a été remis en selle. Deux franchisés vont démarrer d’ici un an, au Havre (Seine-Maritime) et à Cherbourg (Manche). "Nous observons avec prudence ces prochaines ouvertures, car ces lieux, qui peuvent dépasser 1 500 m2, nécessitent 2 ou 3 millions d’euros d’investissement. Pour les porteurs de projet, avec une conjoncture compliquée, c’est difficile à financer auprès des banques", avertit la cheffe d’entreprise.
Pour autant, la démarche de franchise est bien lancée. Des négociations sont engagées pour une Master Franchise en Europe de l’Est (sans plus de précision à stade).
Avec 12 personnes dédiées, le siège est déjà staffé pour assurer les services transverses (DAF, RH, comptabilité, etc.), au moins pour les premières enseignes en franchise. Selon les développements, les équipes seront renforcées.
Bien que fortement attaché à sa Normandie, Maison Novick est prête à passer les frontières pour cette nouvelle phase de développement, et la franchise s’annonce comme un bon support. "Nous pratiquons un métier qui nécessite d’être présent dans les établissements. Grâce à la franchise, notre partenaire est sur place". Le déploiement envisagé se réaliserait par capillarité géographique, en commençant par les régions voisines : Hauts-de-France, Picardie, puis les Pays-de-la-Loire, l’Île-de-France, etc.
Une association pour les jeunes sportifs
Localement, Maison Novick va aussi continuer de s’investir dans son association Stadium Sport Solidaire, à laquelle elle consacre une partie de ses bénéfices. L’association soutient de jeunes athlètes normands qui manquent de moyens, par exemple en leur payant le carburant, une licence, voire des études, comme c’est le cas pour la prometteuse joueuse de tennis Laura Pop. À travers l’association et The Novick’s Stadium, "nous avons créé un endroit qui fédère les associations sportives locales".