En septembre 2025 à Rodez (Aveyron), le fournisseur de café et corners en entreprises Litha Espresso (CA : 5 M€, 20 salariés) a réceptionné une première livraison décarbonée de café depuis la Colombie, grâce au voilier du havrais Towt. "Une tonne de café, cela reste symbolique", commente Léo Delhon, PDG de Litha Espresso, mais c’est une première pierre. "D’ici 2030, j’aimerais parvenir à 100 % des acheminements par cette voie, mais cela dépendra des routes ouvertes. Nous restons dépendants de l’industrie du transport".
Un réseau de 55 franchisés
Depuis sa reprise en 2020, Litha Espresso déploie son concept en France à travers un réseau de franchisés (55 aujourd’hui). Son activité : torréfier un café de qualité, sous la houlette d’un torréfacteur Meilleur ouvrier de France, puis alimenter les corners (ex-machines à café) loués à des entreprises clientes. Ce sont les franchisés qui, localement, assurent la livraison et le service (CA groupe : 12 M€).
À venir : un concept store à Rodez
En 2026, Litha Espresso entend poursuivre le développement de son réseau de franchisés B to B et, nouveauté en préparation, elle envisage de lancer un concept store à Rodez : une boutique de thé et café destinée, cette fois, aux particuliers. Ce premier magasin est amené à faire des petits : l’objectif est de le développer également en réseau de franchises.
70 % de CO2 en moins grâce aux pellets
"Nous nous développons avant tout grâce à la qualité de nos produits et de notre service", commente Léo Delhon. Pourtant, l’ensemble des décisions stratégiques est pesé à l’aune d’une politique RSE revendiquée.
Ainsi, depuis janvier 2024, le torréfacteur (four) chauffe grâce à des pellets, permettant de réduire de 70 % les émissions de CO2. L’achat d’un deuxième four est à l’étude.
L’entreprise veut mettre sur pied un circuit de collecte pour récupérer le marc de café chez ses clients. Un partenaire va le convertir en pellets à brûler, d’un pouvoir calorifique plus fort que les pellets de bois. "Quand nous y arriverons, la boucle de l’économie circulaire sera bouclée !", se réjouit Léo Delhon.
La RSE depuis la genèse
Cette attention à l’empreinte carbone de l’activité anime le dirigeant depuis la genèse de la PME. Avant même de reprendre l’entreprise en 2020 (créée en 2015 en Charente), il s’était attaché les services de l’agence d’écoconception basque Think +. Elle avait analysé en détail le cycle de vie des activités de Litha Espresso, et tracé un chemin pour limiter les émissions de CO2 à chaque étape.
Pour l’approvisionnement, Litha Espresso travaille avec des coopératives de producteurs, vigilants à la déforestation et à des pratiques d’agroforesterie. Un tiers des cafés est bio.
"Nous passons principalement par des intermédiaires. Aussi, nous travaillons à mettre en place notre propre filière, pour pérenniser nos approvisionnements à long terme et garantir notre traçabilité."
Les machines à café proviennent de fabricants français et européens, avec des consommations d’énergie A ou A +. Point incontournable : les capsules sont compostables.
"La RSE, c’est la cerise sur le gâteau."
Cette approche ne grève pas la marche de l’entreprise. Au contraire, "l’écoconception est moteur d’innovation", glisse le dirigeant. Litha Espresso parvient à prouver qu’écologie et économie ne s’opposent pas. Chacun des choix est pesé, pour trouver le compromis qui ne pénalise pas la rentabilité. Bien qu’elle accompagne la réflexion stratégique, la RSE reste un argument commercial mineur. Le choix des clients dépend essentiellement de la qualité du service et du prix. "La RSE, c’est la cerise sur le gâteau. Comme nous ne sommes pas plus chers que les autres, c’est un plus".