À Martigné-sur-Mayenne, MP3 PLV vient d’investir 2,6 millions d’euros dans son parc machines. L‘imprimerie de labeur de 28 salariés a reçu trois nouvelles presses numériques entre septembre 2023 et mai 2024. À la tête de la PME, Antonio Marques da Costa a fait ses calculs : "Avec les économies que l’on va réaliser et la hausse de productivité, j’évalue plutôt l’investissement à 1,5 million d’euros", précise-t-il.
La dernière machine arrive tout juste en production. "Nous l’avons testée pendant cinq mois avant de produire, pour connaître à fonds toutes ses capacités et être sûr de bien pouvoir répondre aux demandes des clients", indique le dirigeant de MP3 PLV.
Plus productif, moins énergivore
La capacité des nouvelles machines s’élève "à 87 000 m2 imprimés par mois, contre 48 000 m2 avec les machines précédentes". Celles-ci n’étaient pas obsolètes, "elles avaient cinq, sept et neuf ans", indique le dirigeant. Mais le gain de productivité couplé à une moindre consommation d’énergie a convaincu Antonio Marques da Costa de changer ses trois plus gros appareils.
"En 2016, notre consommation était de 1 300 MWh annuels, en 2018 de moins de 800 MWh. À partir de cette année, nous devrions être autour de 460 MWh, détaille le chef d’entreprise. Passer sous la barre des 500 MWh nous a permis d’envisager l’installation d’une centrale photovoltaïque sur notre site pour passer en autoconsommation électrique avec 30 % de production énergétique revendue. Nous venons de valider l’achat de 2 600 m2 de panneaux photovoltaïques."
Évacuer les heures non productives
Dans les 9 000 m2 d’ateliers de l’usine, située près de la Nationale 12 entre Laval et Mayenne, ce sont sept machines pour l’impression numérique, trois pour la sérigraphie et douze pour le façonnage qui produisent des formats de grande taille à plat ou en volumes sur papier, carton, plastique ou encore textile. Les entreprises clientes commandent des supports pour la communication visuelle, à installer dans les vitrines et magasins, sur les salons, des stades, lors d’événements, etc.
La nouvelle productivité a aussi permis de réduire les plages horaires de l’atelier. La réflexion sur le temps de travail remonte à 2016, date de la reprise de l’entreprise par Antonio Marques da Costa. "Les salariés travaillaient entre 5 h et 21 h. Avec les pauses, nous n’étions finalement productifs que 14 heures sur 16 heures d’ouverture. En 2017, nous avons réduit le planning sur la plage horaire allant de 6 h à 20 h, puis en 2018, de 7 h à 17 h. À chaque fois, l’impact sur le chiffre d’affaires a été limité mais nos marges se sont améliorées par rapport à notre consommation d’énergie notamment, raconte le dirigeant. Nos derniers investissements nous ont permis de nous organiser cette fois entre 9 h et 17 h. Tout en gagnant en productivité."
L’imprimeur mayennais, qui réalise 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, ne s’interdit toutefois pas de modifier le planning si besoin. Quelques fois dans l’année, pour récupérer un nouveau client par exemple, l’entreprise est capable d’ouvrir des heures supplémentaires de 7 h à 9 h, sans surcharger l’organisation des lignes de production.