Sonisphère à Amnéville, mariage princier à Monaco, festivals de musique... Cette année encore, la société NTS, pour Nouvelles Techniques du Spectacle, était sur tous les fronts. Depuis 2003, cette petite société basée à Moussey, conçoit, réalise et fabrique des structures et éléments scéniques. La création de NTS ressemble à un pari entre copains. Sur les six associés, deux travaillent dans l'entreprise, les autres dans le milieu du spectacle. Après avoir travaillé sur plusieurs tournées pour des sociétés de production, les copains-collègues décident de se lancer et de monter leur boîte. «Jusqu'alors, on montait les structures des autres. Nous avons eu envie d'arrêter de travailler pour les autres et de monter nos équipements», raconte Jean-Marc Dieffenthaler, qui assure la gérance de la société. L'idée: construire soi-même son matériel. «Cela inclut la découpe, l'assemblage, le soudage des scènes, mâts, couverture. Ca s'assemble comme un mécano. Les pièces sont principalement en acier.»
Des festivals de rock...
L'entreprise ne court pas après les marchés: elle a la chance de les voir venir à elle. Dans ce milieu de la culture et du spectacle, le relationnel est la clé de voûte de l'activité. «Le spectacle est un petit secteur d'activité en France. Ca n'est pas une grosse industrie. Les directeurs techniques connaissent des prestataires qui connaissent de gens susceptibles de faire le travail. Très rapidement, on a démarré l'activité au Montreux Jazz Festival.» NTS était lancée. Du Montreux Jazz Festival aux Eurockéennes, en passant par les Vieilles Charrues, le book de l'entreprise est impressionnant. «Nous intervenons peu sur les tournées. Financièrement, une tournée, c'est plus intéressant. Le matériel est tellement basique que cela ne demande pas de compétences particulières. Pour les festivals, il y a plus de contraintes, notamment concernant les conditions de sécurité», souligne Jean-Marc Dieffenthaler, évoquant le drame survenu courant août lors du festival de Pukkelpop, en Belgique, et qui a fait 5 morts et 140 blessés. «Sur les festivals, nous travaillons avec des gens qui connaissent le travail et le pratiquent depuis longtemps, qui ont une bonne notion de ce qu'on fait.»
...Aun mariage princier
Par le biais d'une agence s'occupant d'événementiel qui «a des relations dans le monde de la haute société», l'entreprise mosellane s'est positionnée sur le créneau des opérations de prestige.
«Ça a commencé avec des fêtes privées: l'anniversaire de la princesse Charlotte à Monaco, la fête de promotion du Da Vinci Code au festival de Cannes, le lancement d'un parfum Chanel, le mariage de la fille de Bernard Arnault à Yquem et le mariage du Prince Albert de Monaco, qui a été notre plus gros chantier», énumère le gérant de NTS, soumis à une certaine confidentialité. Contacté en avril, Jean-Marc Dieffenthaler et son équipe ont mis au point la structure située dans la cour du Palais, où s'est déroulée la cérémonie religieuse. «Pour les chantiers de prestige, nous constituons une équipe restreinte. À Monaco, nous étions une vingtaine pendant 3semaines.»
Des améliorations constantes
C'est le hasard qui a conduit NTS en Lorraine, sur l'ancien site de l'usine Bata, à Moussey. «Comme il y a beaucoup d'Alsaciens, on a commencé par chercher des locaux là-bas. Nous sommes arrivés à Moussey par l'intermédiaire de la chambre de commerce de Sarrebourg. On a commencé par un petit atelier. Aujourd'hui, nous gangrénons tout le parc avec nos structures», s'amuse le gérant, patron atypique que l'on sent plus à l'aise à monter ses structures qu'à faire des mondanités. Sur ce créneau d'activité, il y a eu un long cheminement pendant une vingtaine, voire une trentaine d'années. Il y a des améliorations perpétuelles à apporter au matériel et les contraintes économiques sont grandissantes. Cela passe par la réduction des éléments à transporter, la facilité et la rapidité de montage et de démontage... Se pose aussi le problème de l'éloignement qu'il faut intégrer dans les coûts. «Au début, on n'avait pas le matériel. Il fallait toujours courir après l'argent pour les investissements. Là, on entre dans la dernière ligne droite, ensuite les investissements vont se calmer. On a de quoi faire à peu près tout.Actuellement nous sommes capables de gérer 5 à 6 affaires en même temps. Maintenant, on a plutôt des problèmes de personnel», indique Jean-Marc Dieffenthaler, qui insiste sur le caractère saisonnier de son activité.
NTS
(Moussey) SARL au capital de 47.500 € Effectif: 10 permanents, plus d'une centaine en saison CA: 1,5M€ en 2011 www.ntspectacle.com