"Un nouvel impôt pour tous les Alsaciens". C’est ainsi que la CCI Alsace-Eurométropole, la Chambre de Métiers d’Alsace et la Chambre d’Agriculture d’Alsace fustigent, via un communiqué commun, le projet régional d’écotaxe pour les poids lourds, porté par la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) et baptisé R-Pass. Ce projet agite actuellement les acteurs du monde économique dont une grande partie se trouve réunie au sein du Collectif pour la Compétitivité de l’Économie Alsacienne (CCEA).
Si le principe du R-Pass doit encore être soumis, le 21 octobre, au vote des élus de la collectivité née de la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin en 2021, les trois chambres consulaires alsaciennes redoutent que son instauration, qui pourrait intervenir en janvier 2027, ait "un impact sur tous les secteurs de notre économie jusqu’au panier du consommateur".
"1 500 Alsaciens perdraient leur emploi"
Les trois organisations s’appuient sur l’étude d’impact économique réalisée par le cabinet Deloitte au sujet de cette taxe, censée réduire le trafic international dit de transit et rapporter 64 millions d’euros par an à la CeA, pour mentionner "qu’une entreprise locale sur dix du secteur du transport ne survivrait pas à la taxe : 1 500 Alsaciens perdraient ainsi leur emploi".
Un premier rendez-vous le 7 octobre à Colmar
Représentant 160 000 entreprises et 770 000 emplois, les trois chambres consulaires "n’imaginent pas que les 80 conseillers d’Alsace des 40 cantons alsaciens assument les risques de fermetures d’entreprises et de licenciements qui pourraient résulter de cette mesure destinée principalement à renflouer les caisses de la CeA, à l’heure où les dotations de l’État aux collectivités sont réduites". Les acteurs économiques alsaciens doivent rencontrer les représentants de la CeA, ce lundi 7 octobre à Colmar, afin de leur présenter leurs doléances par rapport à l’étude d’impact du cabinet Deloitte.