Au lendemain de la décision du Collectif pour la Compétitivité Économique d’Alsace (CCEA) de quitter la table des négociations au sujet des modalités d’application du R-Pass, du nom de l’écotaxe poids lourds qui entrera en vigueur début 2027, la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) maintient sa volonté de dialogue avec le monde économique. Cela en vue de maximiser "les exonérations pour les entreprises alsaciennes" tout en leur "apportant une compensation grâce à des aides directes et indirectes".
Dans un communiqué, elle indique vouloir "poursuivre ce travail collectif, dans un esprit d’écoute mutuelle, afin de dépasser les divergences, trouver les justes compensations et avancer vers une solution équilibrée, au bénéfice de la qualité de vie des Alsaciens, des entreprises et du dynamisme du territoire".
Vers un tarif unique pour tous ?
Le point d’achoppement entre les élus et le collectif piloté par le Medef Alsace, qui regroupe une vingtaine de filières ainsi que les trois chambres consulaires, portait sur d’éventuelles modulations tarifaires du R-Pass en fonction des horaires, jugées "incompatibles" par ces derniers notamment par rapport à "l’organisation du travail et les schémas logistiques des filières industrielles, agroalimentaires, BTP, transport et logistique".
Dans un premier temps, la CeA envisageait une tarification moins élevée visant à exonérer en partie les entreprises locales en dehors des heures de pointe, où le trafic international de transit congestionne de plus en plus les principaux axes autoroutiers alsaciens entraînant une plus grande "insécurité routière", une hausse de la pollution et une dégradation accélérée des infrastructures.
Une décision soumise au vote des élus le 20 octobre
"La CeA confirme une demande forte qui s’est exprimée en faveur d’un tarif unique, sans modulation horaire du R-Pass", fait-elle savoir. Cette orientation sera soumise au vote des conseillers d’Alsace lors de la séance plénière du 20 octobre. "Après une année d’application de la taxe, la Collectivité européenne d’Alsace évaluera l’efficacité de ce choix sur le niveau de trafic et se réserve la possibilité de réexaminer sa position à l’issue de cette période", précise la collectivité née en 2021 de la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.