Présent au salon européen des mobilités à Strasbourg le 3 octobre, puis sur le port autonome et à la gare de la capitale européenne, François Durovray en a profité pour déjeuner avec Frédéric Bierry. Le nouveau ministre des Transports a ainsi pu échanger avec le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) au sujet du R-Pass, le projet d’écotaxe sur les poids lourds porté par la collectivité dans le but de réduire le trafic international de transit et permettre ainsi d’entretenir et d’améliorer le réseau routier.
"Au-delà de la feuille de route et de l’annonce, le président de la CeA a un certain nombre de demandes sur lesquelles nous allons travailler pour que ce projet puisse aboutir", a confié François Durovray en marge de cette entrevue.
Davantage d’exonérations pour les acteurs économiques locaux ?
Ces demandes portent notamment sur davantage d’exonérations, qui ne sont aujourd’hui pas possibles par la loi, mais que le ministre compte porter dans le cadre du projet de loi de finances 2025. Une façon d’apaiser le climat avec les chambres consulaires et les acteurs économiques alsaciens qui redoutent d’être les plus pénalisés par ce qu’ils considèrent comme "un impôt de production régional" suite à l’étude d’impact économique réalisée, il y a un mois, par le cabinet Deloitte ?
Frédéric Bierry s’exprimera le 4 octobre
Réunis au sein du Collectif pour la Compétitivité de l’Économie Alsacienne (CCEA) regroupant 21 filières, les acteurs économiques ont rendez-vous, lundi 7 octobre, avec des représentants de la CeA pour lui faire part de leurs préconisations et demander un délai supplémentaire. En effet, le principe du R-Pass doit faire l’objet d’un vote de principe, le 21 octobre, par les élus réunis en session plénière. En parallèle, Frédéric Bierry a convié la presse "pour une communication sur le R-Pass", ce vendredi 4 octobre, à l’Hôtel d’Alsace à Strasbourg.
Pour le ministre, l’enjeu est "de passer du diagnostic à l’action"
"Je pense que le monde économique est d’accord sur le diagnostic, a souligné François Durovray. L’enjeu c’est de passer du diagnostic à l’action. On sait ce que ce type de dispositif a pu susciter dans l’histoire de notre pays (en 2013, l’écotaxe avait été abandonnée au niveau national sous la colère du mouvement des Bonnets Rouges, NDLR). En règle générale, on a un travail de conviction à faire devant nos concitoyens sur le trésor que représentent ces infrastructures qui doivent faire face à des défis qui nécessitent la mobilisation de recettes très importantes. On a à construire ensemble un modèle qui permette de relever ces défis".