Après avoir quitté, la semaine dernière, la table des négociations avec la Collectivité européenne d’Alsace au sujet des modalités d’application du R-Pass, écotaxe qui entrera en vigueur début 2027 sur les principaux axes autoroutiers alsaciens, le Collectif pour la compétitivité économique alsacienne (CCEA) demande que la Région Grand Est, disposant de la compétence économique, soit associée aux discussions.
Les acteurs économiques en appellent à "l’intelligence collective"
"Cela fait dix-huit mois qu’on travaille avec la CeA. Nous avons effectué une quinzaine de réunions. Aujourd’hui, nous estimons que le résultat est proche de zéro", indique le collectif, piloté par le Medef Alsace et représentant une quinzaine de filières et les trois chambres consulaires (chambres d’agriculture, d’artisanat, de commerce et d’industrie).
Impliquer Franck Leroy dans les discussions
"Pour nous, la compétence économique est entre les mains de la Région Grand Est et nous souhaitons que Franck Leroy (président de la Région, NDLR) soit impliqué dans ces discussions afin de s’inscrire dans le concret", poursuit-il au nom d’une "intelligence collective".
Une prise de position qui intervient dans un contexte particulier puisqu’une grande partie des élus alsaciens milite toujours pour une sortie du Grand Est dans l’espoir de retrouver une plus grande autonomie notamment en matière de développement économique.
Jugeant le principe d’une modulation de la tarification horaire de cette écotaxe poids lourds alsacienne "incompatible" avec "l’organisation du travail et les schémas logistiques des filières industrielles, agroalimentaires, BTP, transport et logistique", le CCEA n’a jamais fait mystère de son opposition à ce qu’il considère comme un "impôt local de production" risquant au final d’impacter "le pouvoir d’achat des Alsaciens".
Une écotaxe qui devrait rapporter 60 millions d’euros par an
Adopté l’an dernier et à l’unanimité par les élus de la CeA, le R-Pass est destiné à limiter le trafic international de transit tout en améliorant la sécurité routière et la baisse de la pollution. Ses revenus, estimés à 60 millions d’euros par an, doivent essentiellement servir à l’entretien des infrastructures.
La perspective d’un tarif unique du R-Pass sera soumise, en séance plénière le 20 octobre prochain, au vote des élus de la collectivité née de la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin en 2021.