Chapeauté par le Medef Alsace, le Collectif pour la compétitivité économique d’Alsace (CCEA) claque la porte des discussions avec la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) au sujet des modalités d’application du R-Pass, du nom de l’écotaxe poids lourds qui entrera en vigueur début 2027 dans le but de décongestionner le trafic international de transit sur les axes autoroutiers alsaciens.
Regroupant une vingtaine de filières et les trois chambres consulaires, le collectif adresse, ce mercredi 10 septembre, une lettre ouverte pour réaffirmer "sans ambiguïté son opposition catégorique au R-Pass et à tout nouvel impôt qui pèsera sur les entreprises".
Les modulations horaires comme point de non-retour
Au sujet des modulations horaires envisagées par la collectivité territoriale afin d’amoindrir l’impact du R-Pass vis-à-vis du tissu économique local, la CCEA pointe du doigt ses incompatibilités avec "l’organisation du travail et les schémas logistiques des filières industrielles, agroalimentaires, BTP, transport et logistique", sa contradiction "avec les cadres sociaux et européens" et un manque à gagner "pour la compétitivité territoriale, plaçant l’Alsace en situation de handicap face à ses voisins français, allemands et suisses".
Anticipant des "conséquences lourdes pour le territoire", le collectif indique "qu’il serait plus utile de consacrer notre temps à accompagner les entreprises dans les défis qu’elles affrontent, plutôt qu’à des réunions de façade où notre voix n’est pas entendue".
Une décision sur fond de querelles entre la CeA et la Région Grand Est ?
Opposé de longue date au R-Pass, dont le principe fut voté l’an dernier à l’unanimité par les élus de la CeA et soutenu par la population sur la foi de plusieurs sondages, le CCEA fustige "le manque d’écoute" de ses interlocuteurs malgré l’instauration de comités de pilotage censés adapter ce dispositif à l’échelle du monde économique alsacien. "Votre intransigeance ne nous laisse pas d’autres choix que de traiter directement avec la Région Grand Est. En conséquence de votre positionnement, vous prenez seul la responsabilité des procédures que nous allons engager à votre encontre", conclut la lettre ouverte. Une posture qui intervient alors que les velléités de la CeA de quitter la région Grand Est ont ressurgi, la semaine passée, avec la démission du sénateur André Reichardt (apparenté LR). Ce dernier entend ainsi protester contre le "mépris et l’absence de considération des plus hautes autorités de l’État face aux demandes maintes fois répétées des Alsaciens de sortir du Grand Est".