Les efforts se poursuivent pour la filière thermale néoaquitaine, près de deux ans après l’arrivée d’un plan stratégique de 7,5 millions d’euros financés par la Région, courant jusqu’en 2028. La fréquentation dans les 27 établissements thermaux progresse en 2024 de 0,9 % à près de 120 000 curistes, soit 25,4 % de parts de marché selon les données du Conseil national des établissements thermaux (CNETh).
Une dynamique positive
Les thermes d’Évaux-les-Bains (Creuse) - qui ont bouclé un plan d’investissement de 9 millions d’euros en 2024-2025 - réalisent la meilleure performance, voyant leur fréquentation en cure conventionnée grimper de 25,7 %. Ceux de Saubusse (Landes, +11,7 %), des Eaux Chaudes (Pyrénées-Atlantiques, +10,4 %) ou de La Roche-Posay (Vienne, +7,1 %) performent eux aussi. À l’inverse, la fréquentation des thermes landais de Dax dévisse (33 231 curistes soit -4,4 %).
"La fréquentation n’atteint pas le niveau de 2019 (150 000 curistes, NDLR) mais si on prend tous les autres indicateurs, à savoir l’emploi, les chiffres d’affaires, les investissements, les retombées économiques et la R & D, on dépasse les chiffres de 2019. Nous sommes dans une dynamique positive", assure Laurence Delpy, directrice générale d’Aqui O Thermes, qui fédère 12 stations thermales régionales.
Des investissements réguliers
La Région Nouvelle-Aquitaine, dont le territoire reste le second pôle thermal de France après l’Occitanie, a accordé plus de 872 000 euros de subventions à la filière en 2024 (contre 369 000 euros en 2019). Une filière qui réalisait 119 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et générait des retombées économiques évaluées à 910 millions d’euros (+12 %), selon l’Observatoire national de l’économie des stations thermales Nouvelle-Aquitaine.
Les différents établissements bénéficient de travaux réguliers : dans les Pyrénées-Atlantiques, un projet de réhabilitation des thermes des Eaux-Bonnes devrait débuter en 2026 et France Thermes termine la modernisation des thermes de Salies de Béarn pour une réouverture en mai. Rebaptisés Selya Resort, ils ciblent une clientèle féminine. En Charente-Maritime, le groupe parisien Valvital s’affaire à ouvrir une nouvelle station à Saint-Jean-d’Angély pour 20 millions d’euros.
Continuer d’innover
Le cluster Aqui O Thermes, lui aussi, poursuit ses efforts pour fédérer une filière proposant de plus en plus de soins ciblés et de courts séjours non conventionnés pour attirer de nouveaux publics. Il investit 225 000 euros (contre 127 000 sur l’exercice 2023) dans la R & D et l’innovation en 2025 et a récemment renouvelé son concours d’innovation. C’est notamment de là qu’est sortie Thermassist, companion-app des curistes comptant déjà 65 000 abonnés et 19 établissements partenaires. Elle se déploie cette année dans des stations d’Occitanie (Luchon, Allègre-les-Fumades, Ax-les-Thermes) et du Grand Est (Amnéville).
Le cluster continue aussi d’investir dans Prévichute, outil d’IA pour anticiper les risques de chute des seniors, testé à partir d’avril dans les centres du groupe landais Thermes Adour (27 M€ de CA). Il finance aussi le programme Protect, une cure de 14 jours fractionnée qui fait l’objet d’une étude clinique - en 2025 et 2026 - auprès de soignants des hôpitaux des Landes et de Charente-Maritime.
Thermalisme transfrontalier
Enfin, Aqui O Thermes souhaite dans les années à venir "renforcer et développer les coopératives transfrontalières". "En Espagne, par exemple, la durée des cures conventionnées varie en fonction de la pathologie, une modularité que nous n’avons pas", précise Laurence Delpy. Certaines coopérations sont déjà actives, notamment celle du consortium européen Aquapred (1,43 M€), associant la France, l’Espagne et le Portugal, qui a pour but de créer un système de contrôle et de prévention des contaminants dans les eaux thermales, là aussi grâce à l’IA.
"Nous aimerions structurer une Europe du thermalisme, créer des cartes basées sur la géologie des sols et les propriétés physiques des eaux thermales dans les différents pays pour prévoir comment elles peuvent être exploitées, continue la directrice générale. Nous sommes aussi en train de monter un consortium avec des Espagnols, des Italiens et peut-être les pays baltes et les Balkans autour de la ressource thermale dans le cadre d’un programme de recherche avec l’Université de Pau."