Moins de gaz pour Saint-Nazaire. C’est ce qui peut être retenu, à l’heure du bilan pour le Port de Loire-Atlantique. Le trafic total du port s’élève à 25,7 millions de tonnes en 2024. C’est au total 10 % de moins que l’année dernière. La tendance n’est pas nouvelle. Elle se faisait sentir en 2023, une année qui représentait déjà un exercice en retrait par rapport à l’année précédente, mais dans une moindre mesure. "Des arrêts techniques sur les installations industrielles ont ralenti les trafics énergétiques, tandis que les vracs dédiés à l’alimentation animale poursuivent leur dynamique", souligne l’institution portuaire dans un communiqué.
Une transition avec moins de gaz, mais plus de pétrole
Le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire entre dans la dernière ligne droite de son plan stratégique 2021-2026. Très dépendant du trafic des énergies fossiles, le Port a affiché son ambition d’aller vers les énergies renouvelables pour se décarboner. Dans un port qui se revendique en pleine transition énergétique, pas étonnant de voir que le principal secteur touché par la baisse du trafic est celui du gaz naturel liquéfié avec 5 millions de tonnes. Ce secteur enregistre ainsi une baisse du trafic de 38 %. Cette branche était déjà en baisse l’année dernière de 18 %.
À l’inverse, les importations de pétrole brut destinées à la raffinerie TotalEnergies de Donges ont progressé de 7 % par rapport à 2023 pour atteindre 7,3 millions de tonnes. Mais le Port Nantes Saint-Nazaire souhaite aussi mettre le cap vers les énergies renouvelables. Témoin de cette volonté de transition du territoire, les entreprises Lhyfe et Elyse Energy ont commencé à étudier la construction de deux sites voisins à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), suite à un appel à manifestation d’intérêt du port. Ce site produira de l’hydrogène et du méthanol. Ce double projet, qui pourrait être mis en service entre 2028 et 2030, devrait être proche du milliard d’euros d’investissement.
Céréales, automobiles et aéronautique
Au-delà des énergies, le Port connaît aussi une chute de 20 % des exportations de céréales (0,5 Mt), conséquence d’une faible récolte céréalière au printemps dernier. Ces exportations étaient en baisse de plus de 40 % l’année précédente. Les flux de véhicules en provenance du Maroc et de l’Espagne déclinent pour leur part de 15 %. Du côté de l’aéronautique, les flux de composants progressent de 3 %, malgré les problèmes d’approvisionnement ayant freiné la croissance de l’activité du constructeur Airbus. "L’activité des installations portuaires de Saint-Nazaire reste soutenue, portée par la dynamique industrielle locale, notamment par la construction navale", note le port.