Leur rencontre n’est pas récente. Au cours des quarante dernières années, les Chantiers de l’Atlantique ont déjà construit pas moins de 21 navires pour le groupe Royal Caribbean. Et deux autres, l’Oasis 7 et le Celebrity Xcite, sont actuellement en construction. La compagnie américaine, qui exploite au total 69 navires à travers le globe (CA de 16,5 milliards de dollars en 2024), fait de nouveau confiance à son partenaire nazairien (CA 2,5 Md€ en 2024) pour ouvrir une nouvelle classe, nommée Discovery, avec la construction de deux nouveaux paquebots de croisière.
Une option pour quatre navires supplémentaires
Le premier navire devrait être mis en service en 2029, tandis que le second est prévu pour 2032. Ce contrat est assorti d’options pour quatre navires supplémentaires. Si le montant précis de la commande n’est pas indiqué, il se compte en milliards d’euros. "Les navires Discovery offriront des expériences extraordinaires et uniques en leur genre, chaque détail étant pensé pour surprendre et ravir les passagers d’une manière inédite", déclare Michael Bayley, président et chef de la direction de Royal Caribbean, dans un communiqué.
Un carnet de commandes qui tourne à plein régime
Pour autant, les Chantiers de l’Atlantique n’ont pas attendu ce nouveau contrat pour tourner à plein régime. En novembre dernier déjà, la compagnie suisse MSC Croisières passait commande de deux nouveaux navires World Class. Le partenariat entre MSC Croisières et les Chantiers de l'Atlantique avait alors franchi un nouveau cap. L'armateur suisse a en effet annoncé à Saint-Nazaire la commande de deux nouveaux navires pour 3,5 milliards d'euros. Livrés en 2030 et 2031, ils porteront à près de 7 milliards d'euros le montant des contrats signés cette année entre les deux groupes.
L'annonce était intervenue lors de la mise à flot du MSC World Asia et de la pose de la pièce du MSC World Atlantic, déjà en construction. Partenaires depuis plus de vingt ans, MSC et les Chantiers revendiquent plus de 100 millions d'heures de travail générées en France, mobilisant 7 500 emplois directs et 500 fournisseurs.
Équipés de moteurs au GNL et compatibles avec des carburants renouvelables, ces paquebots s'inscrivent dans l'objectif de neutralité carbone fixé par MSC à horizon 2050. À Saint-Nazaire, les Chantiers confirment leur rôle clé dans la décarbonation du transport maritime.
Avec ces deux nouvelles commandes de Royal Caribbean, les Chantiers doivent maintenant livrer dix paquebots, deux grands voiliers de luxe, et deux ravitailleurs pour la Marine nationale d’ici 2032. S’ajoute potentiellement, en 2034, le porte-avions nucléaire, dont la construction fait l’objet d’un joint-venture avec Naval Group, ainsi que des sous-stations pour les champs éoliens en mer construits par sa filiale Atlantique Offshore Energy. Face à cette situation, le président de l’agglomération nazairienne, David Samzun, rappelait dans nos colonnes, il y a quelques mois, l’urgence de soutenir sa collectivité, qui devra faire face à une situation critique pour loger les milliers d’ouvriers mobilisés pour ces chantiers colossaux.