Le Jouet Simple "est un peu à un tournant", estime Pierre Véron, codirigeant de la start-up avec Nicolas Chassin De Kergommeaux. L’entreprise a un nouveau logo, de nouveaux packagings et un site entièrement refait. Depuis le début de l’année, elle réalise de plus en plus de ventes en e-commerce. Début juin, la marque "Simple" a été lancée, afin de différencier l’entreprise de ses produits et de viser plus facilement l’export ; "simple" étant un mot compréhensible en anglais, "jouet" non, affirment ses dirigeants
Un quart de l’activité
Or le développement des ventes à l’étranger fait désormais partie intégrante de la stratégie de la jeune pousse mayennaise : elles ont représenté près de 25 % de l’activité l’an dernier. "En 2024, nous avons vendu plus de 50 000 jouets au total", précise Pierre Véron. Soit cinq fois plus en deux ans. "L’export reste très concentré sur l’Europe : l’Italie, le Benelux, et plus récemment l’Espagne. Nous avons débuté sur les États-Unis aussi, par opportunité, après qu’un distributeur est venu nous chercher", raconte le Mayennais d’origine.
Le choix des enseignes
En revanche, l’entreprise a décidé de ne pas placer ses jouets en plastique recyclé dans la grande distribution. "On les trouve surtout dans les concept stores et, là où cela marche encore mieux, dans les magasins spécialisés sur les enfants et les équipements pour bébés", précise Pierre Véron. Au total entre 200 et 250 magasins distribuent les produits de Le Jouet Simple.
Petit Ours Brun pour un coup de fouet
"Nous avons désormais une déclinaison d’une quinzaine de modèles, bateaux, camions, barques gigognes, avec plus de coloris", poursuit le jeune dirigeant.
Certains modèles qui seront lancés à la rentrée, devraient faire rayonner la marque Simple, grâce à un accord de produits dérivés avec les ayants droit des livres pour enfants Petit Ours Brun. Quelque 20 000 pièces seront produites à l’effigie du personnage qui fête ses 50 ans cette année. Ce premier partenariat pérenne devrait être renouvelé avec d’autres licences jugées atemporelles pour essayer de lisser la commercialisation dans l’année. "Environ 65 % de notre chiffre d’affaires est réalisé dans les deux derniers mois avant Noël", souligne Pierre Véron.
Des financeurs associés
Pour financer ces développements, la start-up a bouclé une seconde levée de fonds (d’un montant supérieur à la première, mais non communiqué). Le tour de table s’est restreint aux quatre business Angels qui avaient participé à la première levée de fonds de 400 000 euros fin 2023. Laquelle avait permis la création de premiers emplois indirects, de moules à injection plastique et des sept premiers modèles de jouets. "Aujourd’hui, nous sommes quatre à travailler dans l’entreprise, mais le projet implique une trentaine de personnes en tout", précise Pierre Véron.
Pour remettre au pot, Julien Chaudeurge, inventeur des poussettes ultra-compactes Yoyo, et ses trois associés de Babyzen sont montés à hauteur de 25 % du capital. Leur apport est autant financier que stratégique, sur l’international notamment, confie Pierre Véron.
Les consignes prises en charge
En imaginant Le Jouet Simple en 2021, Pierre Véron a voulu proposer une alternative aux "jouets d’éveil en plastique bas de gamme qu’on ne peut pas réparer". Ses jouets sans pile destinés aux enfants de 0 à 4 ans sont assemblés sans colle ni vis. La particularité tient dans la consigne : des parents peuvent renvoyer les produits lorsque les enfants ont grandi et ne les utilisent plus, afin que la matière ait une seconde vie.
"Les frais de port sont pris en charge par l’entreprise. Il suffit de télécharger une étiquette de retour sur notre site", indique le dirigeant mayennais.
Les pièces sont produites à Oyonnax (Ain) et assemblées en majorité dans l’atelier-entrepôt d’Entrammes, près de Laval. Si besoin, un Esat lyonnais est sollicité. Un industriel normand fournit le plastique recyclé, du PEHD semblable aux bouteilles de lait.