Nantes
Le groupe rennais Giboire révèle son projet de transformation de la Tour Bretagne à Nantes
Nantes # Immobilier # Investissement immobilier

Le groupe rennais Giboire révèle son projet de transformation de la Tour Bretagne à Nantes

S'abonner

Fermée depuis quatre ans, la Tour Bretagne, emblème de la Ville de Nantes, va trouver une seconde vie d’ici 2029. À la manœuvre, le groupe immobilier rennais Giboire qui, moyennant un investissement de 135 millions d’euros, va réhabiliter cette friche urbaine de 20 000 m² en un programme mixte qui se veut exemplaire sur le plan environnemental.

À partir de 2029, la silhouette de la Tour Bretagne réhabilitée se dressera dans le centre-ville de Nantes — Photo : copyright franck GALLEN / PIX MACHINE

Dans un contexte immobilier compliqué, c'est au groupe rennais Giboire (300 salariés, 205 M€ de CA), propriétaire de 77 % des droits de la Tour Bretagne, que revient le projet complexe de piloter la transformation de ce rare Immeuble de Grande Hauteur (IGH) de la ville de Nantes. Construite en 1976, inoccupée depuis plus de quatre ans, la Tour offre une friche de 20 000 m² en plein centre-ville de Nantes. "Il s'agit d'un projet long, compliqué, risqué, à tout le moins osé, mais également enthousiasmant. Car la Tour Bretagne est bien plus qu'un simple immeuble : elle incarne une part de l'histoire de la ville, un symbole fort de son patrimoine. Devenue obsolète, et contrainte à la fermeture, il était temps de redonner vie à ce lieu", déclare Michel Giboire, président du groupe Giboire. Celui-ci a sélectionné le groupement d'architectes PCA-Stream et Magnum Architectes et Urbanistes pour concevoir cette réhabilitation, en concertation avec Nantes Métropole, copropriétaire du bâtiment à hauteur de 19 %.

200 logements, un hôtel et un restaurant

Les architectes ont fait le choix de conserver la silhouette d’origine de la Tour en l’allégeant et en l’éclaircissant, avec un revêtement d’aluminium recyclé.

La transformation des anciens locaux tertiaires désuets a été pensée comme deux bâtiments distincts, mais indissociables. Le premier bâtiment sur 8 étages, accessible depuis la Place du Cirque, accueillera, à la place du parking souterrain privé de la Tour, un hôtel 4 étoiles d’une centaine de chambres, surplombé par un restaurant doté de terrasses végétalisées accessibles au grand public. Le long de ce bâtiment, un escalier public reliera la rue de l’Arche Sèche à la rue du Pont Sauvetout. Le corps de la Tour réhabilité proposera sur 30 niveaux, plus de 200 logements privés allant du T1 au T5. Le socle de la Tour hébergera, pour sa part, des commerces, 1 500 m² de locaux d’activités, bureaux et coworking ainsi que, à la demande de la métropole et de la ville de Nantes, près de 1 000 m² dédiés à des occupations d’utilité sociale, à commencer par les Ecossolies et l’Agence culturelle bretonne. Cinq niveaux de parking souterrain offriront 160 places de stationnement de voiture et 250 places vélos. Enfin, le sommet de la Tour, débarrassé des locaux techniques, abritera en rooftop un lieu de convivialité et de culture. Le niveau le plus élevé qui culmine à 107 mètres accueillera un belvédère panoramique, accessible à tous gratuitement et offrant une vue à 360° sur Nantes, la métropole et l’estuaire de la Loire.

Écoconception et économie circulaire

Le choix de réhabiliter le site existant plutôt que de le déconstruire-reconstruire permet d’économiser plus de 14 000 m3 de béton et 1 600 tonnes d’acier, soit une économie de carbone équivalente à 7 000 tonnes de CO2 ou 40 millions de km parcourus en voiture. Le projet fait, par ailleurs, l’objet d’une conception bioclimatique afin d’aboutir à un bâtiment exemplaire sur un plan environnemental. Des toitures végétalisées et espaces verts sur dalles favoriseront la biodiversité, tout en luttant contre les îlots de chaleur urbains. Un système de récupération des eaux de pluie alimentera le restaurant pour différents usages (toilettes, entretien des sols…), permettant d’économiser près de 200 000 litres d’eau par an. Grâce à la récupération de la chaleur fatale et à la connexion au réseau de chaleur de Nantes Métropole alimenté à 84 % par des énergies renouvelables et de récupération locales, la nouvelle Tour s’exonère du recours aux énergies fossiles. Enfin, le chantier mettra l’économie circulaire au centre du programme en visant le réemploi de 100 % des matériaux réemployables, en privilégiant les éco-matériaux de préférence locaux, notamment pour les revêtements de sols et muraux. Le programme vise les labels et certifications BBCA Rénovation, BREEAM, NF Habitat HQE…

Une livraison en 2029 ?

Le chantier représente un investissement de 135 millions d’euros, financé par le groupe Giboire sur capitaux propres et crédits bancaires, sans investisseurs extérieurs. Nantes Métropole contribue au désamiantage à hauteur de 1, 5 million d’euros sur une enveloppe de 7 à 9 millions d’euros. Au regard de son ambition environnementale et de sa contribution à la transition écologique du territoire, le projet a également bénéficié du soutien financier du Fonds vert en 2023 et 2024 pour un montant de 3, 5 millions d’euros. Reste pour Nantes Métropole à étudier comment elle peut devenir détentrice des parties publiques de la Tour.

La première phase de travaux démarrera en 2025-2026 pour curer et désamianter en totalité le bâtiment existant. Les travaux de réhabilitation et d’extension suivront avec un objectif de livraison en 2029.

Nantes # Immobilier # Investissement immobilier # Transition écologique # Transition énergétique # Écosystème et Territoire