Il y a deux jours encore, il s’appelait Polygone Riviera. À Cagnes-sur-Mer, le centre commercial qui étend ses 70 000 m2 de boutiques, restaurants, cinéma, courts de padel ou casino, s’appelle désormais Shopping Promenade Riviera.
Un positionnement orienté loisirs
Une façon pour le groupe rémois Frey (220 collaborateurs), qui l’a racheté en 2023 auprès d’Unibail-Rodamco-Westfield pour 272,3 millions d’euros, d’y inscrire sa patte et d’afficher son positionnement. "Nous avons tous dans notre poche le plus grand centre commercial du monde, explique son PDG et fondateur Antoine Frey. Alors pourquoi les gens vont faire la démarche volontaire de venir dans ce lieu de commerce physique pour trouver des produits qu’ils peuvent très bien trouver sur leur téléphone ? Notre vision est que nous sommes là pour apporter autre chose que du shopping."
Du bowling aux panneaux photovoltaïques
Alors bien sûr, les boutiques vont rester, certaines, notamment deux du groupe Inditex, géant espagnol de l’habillement, vont même s’agrandir, mais l’offre de loisirs va s’étoffer en accueillant fin 2025 les enseignes franciliennes Speed Park (bowling, karting, laser game…) sur les 5 000 m2 laissés libres par le départ du Printemps, ou Fort Boyard Aventures sur 1 200 m2.
Fini la fontaine et son bassin, hérésie face à la sécheresse planétaire, place à une vaste aire de jeux gratuite, "désartificialisant un peu les sols au passage" et ajoutant 2 000 m2 de panneaux photovoltaïques pour faire baisser la consommation énergétique de 12 %.
L’offre de restauration aussi va se renforcer avec 1 500 m2 et 10 établissements supplémentaires. Quant aux œuvres d’art (il y en a déjà 11 à demeure, de César à Sosno), elles seront plus nombreuses. L’objectif affiché est clair : "devenir leader du loisir et du divertissement des Alpes-Maritimes", selon les mots de Pascal Barboni, directeur général adjoint au développement au sein du groupe Frey. Et pour cela il se donne les moyens de ses ambitions, à savoir une enveloppe de 28 millions d’euros.
Le "navire amiral du groupe"
Avec ses 6,5 millions de visiteurs en 2024 et ses 1 800 emplois directs, le centre azuréen a de son aveu fait rêver Antoine Frey qui le présente comme son "navire amiral", à savoir le plus grand et le plus gros investissement jamais réalisé à l’échelle du groupe créé en 2007. Un groupe qui gère un total de 3,5 milliards d’euros d’actifs répartis sur 44 sites dans 9 pays.
"Au final, quelle est la différence avec les propriétaires d’avant qui sont des grands professionnels du commerce ? Pourquoi cette entreprise, rémoise, et non parisienne, va réussir à faire mieux ? C’est que ce site est en numéro 1 sur la liste de toutes nos préoccupations, alors que pour le précédent propriétaire, il était dans le bas du tableau. Nous, c’est notre bébé, on en est fou, on ne pense qu’à lui matin, midi et soir. Et on n’a pas le droit de se rater", indique Antoine Frey.
Société à mission
Pour mener à bien tous ces chantiers à venir, le groupe Frey ne fera appel qu’à des acteurs locaux, "jusqu’aux cabinets d’ingénierie", assure Pascal Barboni. Un engagement que l’entreprise, devenue société à mission en 2021, par ailleurs certifiée B Corp, a écrit noir sur blanc dans ses statuts, pour "remettre le commerce au service de l’intérêt collectif".