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Le groupe Ducournau devient un acteur national du transport
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Le groupe Ducournau devient un acteur national du transport

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En un an, le varois Ducournau a absorbé deux entreprises familiales de transport et logistique, l’une dans le Tarn, l’autre en Indre-et-Loire. Le groupe, jusque-là présent sur un axe nord-sud, améliore son maillage du territoire français et s’approche de l’objectif de son fondateur de parvenir aux 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Frédéric Ducournau, PDG du groupe de transport et de logistique éponyme — Photo : Hélène Lascols

À peine plus d’un an après l’acquisition des Transports Rizzo dans le Tarn, le groupe varois Ducournau renforce sa présence dans l’Ouest de la France. Le groupe de transport et logistique dirigé par Frédéric Ducournau a signé le 3 février 2025 l’acquisition de la société RTMD (Réseau Transport Mauduit Distribution), située à Château-Renault près de Tours en Indre-et-Loire. Avec cette nouvelle opération, le dirigeant se rapproche un peu plus de l’objectif que s’était fixé son père, Jean-Pierre Ducournau, qui avait quitté les chantiers navals de La Seyne-sur-Mer pour fonder l’entreprise familiale en 1971, avec un rêve : "partir à l’aventure à bord d’un camion."

100 millions d’euros de chiffre d’affaires

"Atteindre les 100 millions d’euros, c’est la route qu’avait tracée celui qui fût mon père et mon pair, celui qui m’a appris le métier", confie Frédéric Ducournau, qui a conduit son premier camion le jour de ses 18 ans. "J’ai pris la succession de mon père (décédé en avril 2023, NDLR) à la tête d’une société très saine, une belle entreprise familiale, reconnue comme transporteur de l’année en 2011. Nous pouvons toujours avoir des rêves, mais il faut y arriver sereinement", ajoute-t-il. D’ailleurs, il confie ne pas être pressé de parvenir aux 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Nous y arriverons certainement, mais il ne s’agit pas d’un objectif à tout prix."

250 nouveaux salariés suite aux récents rachats

Au cours des deux dernières années, le chiffre d’affaires a grimpé en flèche. "Nous ne sommes pas loin de l’avoir doublé", assure-t-il, faisant passer le chiffre d'affaires de 55 millions d’euros en 2023 à 70 millions d’euros en 2024 et 85 millions d’euros déjà assurés pour 2025.

Un chiffre consolidé par deux opérations de croissance externe. L’achat des transports Rizzo, officialisé le 8 janvier 2024, une entreprise qui emploie 140 salariés pour 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et une centaine de camions. Un an plus tard, c’est donc au tour de la société RTMD : 80 collaborateurs, 70 véhicules, 10 000 m² dédiés à la logistique et un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. "Déjà implantés dans le Nord, le Vaucluse, le Rhône et la région parisienne, et installés depuis un an dans le Sud-Ouest, il nous manquait un ancrage dans l’Ouest. Nous voulions ouvrir une agence entre Nantes et Paris. Nous en avons parlé à nos banques et CIC Conseil a identifié une opportunité pour nous", raconte Frédéric Ducournau.

Du transport dans toute la France

Cette opportunité se révèle être RTMD, qui est une entreprise familiale comme le groupe Ducournau : "le dirigeant Stéphane Mauduit, un amoureux du métier et de son entreprise, voulait s’arrêter au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard. Il nous a accompagnés dans la transmission et je crois pouvoir dire qu’il se réjouit de voir sa société intégrer un groupe capable de lui apporter de nouvelles solutions de travail", expose le transporteur.

"Aujourd'hui, nous sommes obligés d'avoir une taille de cette ampleur, pour répondre aux attentes de nos clients, mais aussi répondre à certains marchés"

Avant ces deux acquisitions, le groupe, qui a son siège à Flassans-sur-Issole au cœur du Var, avait déjà réalisé des opérations de croissance externe, plus modestes : Césana Frères et Césana Distribution en 2008, puis une petite entreprise dans les Bouches-du-Rhône, une autre à Lyon, chacune avec une dizaine de camions. "Aujourd’hui, nous sommes obligés d’avoir une taille de cette ampleur, pour répondre aux attentes de nos clients, mais aussi répondre à certains marchés", explique le dirigeant.

Le groupe Ducournau compte 600 véhicules — Photo : Ducournau

Ducournau est désormais un groupe d’envergure nationale qui compte 710 collaborateurs, dont 600 chauffeurs et autant de camions : "nous avons d’abord réussi dans le Sud de la France, une région sans grosse industrie. Nous avons désormais sept agences sur le territoire. Avant, nous circulions sur un axe nord-sud, nous étions des lignards (conducteur réalisant des trajets longue distance, NDLR). Depuis 2024 et encore davantage depuis quelques semaines, nous faisons du transport dans toute la France, dans toutes les directions, en apportant toutes les solutions à nos clients", se félicite Frédéric Ducournau.

60 000 m² dédiés à la logistique

Chez Ducournau, on transporte, on stocke aussi. D’ailleurs, la logistique, c’est le dirigeant actuel qui a contribué à la développer, après avoir fait ses armes au sein de l’agence de Gonesse (en région parisienne) pendant 12 à 13 ans. Le siège de 8 hectares à Flassans, gigantesque, dédie plus de 6 000 m² à la logistique. À cela s’ajoutent des entrepôts à Peynier dans les Bouches-du-Rhône (15 500 m²), mais aussi près de Lyon, à Cavaillon et à Douai ou encore dans le Tarn.

"Aujourd’hui, nous stockons de tout sur 60 000 m² d'exploitation logistique : des poêles à bois ou à granulés pour Brisach, une entreprise locale avec laquelle nous nous développons de concert depuis 1975, du vin des viticulteurs varois, des panneaux photovoltaïques, des salons de jardin. Nous stockons de tout, comme nous transportons de tout sur les routes de France", explique le dirigeant.

Ouvert aux opportunités

Des routes françaises auxquelles il veut rester fidèle, le territoire national lui offrant un bon terrain de jeu. À la question de savoir s’il a des ambitions au-delà des frontières hexagonales, Frédéric Ducournau répond en effet qu'"il y a déjà bien à faire en France". "Je ne me vois pas ouvrir de filiale dans un autre pays que le mien. Bien sûr, nous avons une petite centaine de camions par semaine qui vont en Italie ou en Belgique pour des clients, mais ce n’est pas une volonté de me développer au-delà, dans des pays où je n’ai pas une bonne connaissance de mon secteur d’activité."

D'autres croissances externes envisagées

C’est d’ailleurs en France qu’il reste à l’affût d’opportunités, affichant sa volonté de "grandir sans faire de tort à personne." Bien souvent, on lui a d’ailleurs confié qu’il faisait de petites opérations mais, il en est convaincu, "avec des miettes on fait de grandes boules" de pain. D’autres opérations de croissance externe pourraient se conclure dans les prochains mois et le dirigeant précise que c’est "la recherche de nouvelles activités à adresser qui pourrait guider une prochaine acquisition."

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