La région Nouvelle-Aquitaine, l’État et la SNCF ont posé ce vendredi 23 mai à Saintes (Charente-Maritime) la première pierre du futur "pôle d’excellence européen dédié à la mobilité ferroviaire décarbonée", qui porte l’ambition nationale, via l’innovation, la formation et le transfert de technologies, de "réindustrialiser la filière ferroviaire" et "d’accélérer la transition écologique des transports".
Un chantier à 50 millions d’euros
Le budget total de ce vaste chantier, situé sur une emprise foncière de 14 000 m2 au sein du Technicentre SNCF de Saintes, étoile ferroviaire du Sud-Ouest à la riche histoire cheminote, est évalué à 50 millions d’euros. "Le volet purement immobilier, comprenant le rachat d’anciennes friches et leur réhabilitation, est d’environ 40 millions d’euros. Il est co-financé par le fonds friche (5 M€), des fonds européens (FEDER, 20 millions d’euros en cours de demande) et la région", résume Xavier Mallardeau-Castanet, directeur du projet Ferrocampus au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. "Les dix millions restants correspondent à trois appels à projets, dont la région est lauréate et qui rentrent dans le cadre de France 2030, autour de l’équipement, des plateaux techniques et des espaces de formation du Ferrocampus".
Vers une "usine-école"
Une première phase, qui a débuté fin 2024 et doit s’achever en septembre 2026, doit construire un nouveau bâtiment de 1 500 m2 pour accueillir des salles d’enseignement et en réhabiliter un second de 1 600 m2 qui sera, lui, ouvert au public, avec des espaces d’exposition et de projection, des bureaux de co-working ou un espace de restauration.
Une seconde tranche, prévue entre fin 2027 et début 2028, comprendra une "usine école pour permettre aux étudiants de s’exercer aux métiers industriels liés à la construction du matériel ferroviaire, avec notamment une voie sur fosse pour s’exercer à la maintenance et des salles de travaux pratiques", explique Ludovic Vermeulen, en charge des formations du Ferrocampus.
Le Ferrocampus, partenaire de projets nationaux d’innovation
Cette phase comprendra aussi l’installation définitive du showroom du TELLi (train léger innovant), dont la maquette grandeur nature est déjà la star d’un showroom temporaire de 500 m2, lui aussi inauguré ce 23 mai. TElli, programme national de 90 millions d’euros, piloté par SNCF Innovation et associant un consortium de 11 partenaires dont le Ferrocampus et des industriels comme Thales ou Alstom, vise la création d’une nouvelle génération de rames TER moins chères, décarbonées et innovantes, d’ici à 2035. Ferrocampus est aussi membre d’un second consortium, piloté par Hitachi Rail, qui porte un projet de 28 millions d’euros autour de la réhabilitation des infrastructures de desserte (signalétique, passage à niveaux…).
900 étudiants par an
Le volet formation, lui, a en réalité déjà démarré. "Une trentaine sont déjà déployées au sein d’un réseau de 13 établissements partenaires, de niveau CAP à Bac + 2 sur différentes filières métiers : maintenance, électricité et sécurité", précise Ludovic Vermeulen. L’association qui pilote le Ferrocampus "organise aussi les stages, les visites d’entreprises et des conférences avec des professionnels du ferroviaire", ajoute-t-il. Elle a aussi ouvert l’an dernier l’Académie, son propre organisme de formation continue.
La réelle nouveauté est espérée pour la rentrée 2025. "Une première licence ouvrira, d'abord hébergée au sein du lycée Bernard Palissy de Saintes et centrée sur les métiers de l’électricité et de l’énergie (spécialisée ferroviaire). Elle accueillera 25 étudiants". Deux autres sont déjà à l’étude et une école d’ingénieur du ferroviaire, pilotée par l’université de La Rochelle, est espérée à horizon 2028.
À terme, toutes formations et cursus compris, Ferrocampus espère attirer 900 étudiants par an. La filière estimant son besoin à 15 000 nouveaux emplois d’ici à 2028 au niveau national, Saintes compte donc bien faire sa part.