Fabricant de linge de lit et d’office depuis 1947, le nordiste Vanderschooten (VDS) se réorganise pour se maintenir sur un marché du textile tendu. Historiquement positionnée sur la fabrication en marque blanche pour les enseignes de la VPC et de la grande distribution, la PME familiale de 130 salariés (CA non communiqué), basée à Nieppe, avait opéré un premier virage au tournant des années 2000 en lançant ses propres marques. Une façon alors, de résister contre le grand mouvement de délocalisation dans l’industrie textile. Ayant exploité, pendant 20 ans, jusqu’à six marques différentes, VDS repense aujourd’hui son portefeuille pour se recentrer sur trois entités fortes : Alexandre Turpault, Essix, et sa dernière née, "À demain", porteuse de grandes ambitions.
"Quand tous nos clients sont partis pour s’approvisionner en Asie, la seule option pour nous maintenir a été de monter en gamme, lancer nos propres marques et nos propres circuits de distribution", retrace Jordan Tourneur, qui a pris la direction générale de l’entreprise en 2024.
"Mais au fil du temps, nos marques ont commencé à se cannibaliser les unes les autres. Notre nouveau plan stratégique redéfinit le territoire de chacune", ajoute ce dernier.
Trois marques différenciées
Exit Origin, la marque clé en main destinée à la grande distribution, et la production sous licence de marques. Coucke, spécialisée dans le linge d’office, a été cédée en 2026. L’offre de VDS, qui ne réalise plus que 15 % de son chiffre d’affaires en marque blanche, se concentre désormais sur trois marques en propre, avec la même promesse : un pur coton tissé dans les Vosges, ennobli, teint ou imprimé dans le Nord, et assemblé à Nieppe.
Les positionnements sont désormais bien différenciés : le très haut de gamme avec Alexandre Turpault (30 % du CA réalisé en propre), le haut de gamme avec Essix (50 % du CA), et l’excellent rapport qualité-prix avec À Demain (20 % du CA).
"Nous avons rogné les marges pour diviser nos prix par deux, et proposé des gammes en percale de coton bio, fabriquées en France, entre 40 et 80 euros la parure"
Cette dernière, lancée en 2018, n’avait "jamais vraiment décollé", selon Jordan Tourneur. Elle a été repensée pour devenir, d’ici 2028, la plus grande marque du fabricant, qui prévoit de passer, au total, d’un à deux millions de pièces produites à l’année à Nieppe.
"À sa création, À Demain répondait aux attentes de traçabilité, de qualité, et de durabilité qui émergeaient chez les consommateurs. Nous avons ajouté la dimension "prix", en rognant sur les marges pour diviser nos prix par deux, et proposer des gammes en percale de coton bio, fabriquées en France, entre 40 et 80 euros la parure", pose fièrement le dirigeant. La gamme s’étoffe progressivement, avec du linge de table et des éléments de literie.
Automatiser pour pousser les volumes
Ce repositionnement d’À Demain passe par une offre resserrée, des designs plus intemporels, s’affranchissant du jeu des collections et des promotions, et de la vente directe, sur le web. Depuis 2022, trois millions d’euros d’investissements sur l’outil industriel ont permis l’automatisation de certaines opérations, pour faire baisser les coûts et monter les volumes.
Hausse des effectifs prévue
La PME a néanmoins prévu de doubler ses effectifs en production, d’une quarantaine de personnes, pour suivre la cadence. "Surtout, À Demain, c’est un style. Le style est la clé du succès. Et il est déjà au rendez-vous pour la nouvelle identité d’A demain : 50 % de nos clients reviennent, c’est un chiffre très significatif pour nous", glisse Jordan Tourneur.