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Le CEA ouvre une ligne pilote au service de l’industrie microélectronique européenne sur son site grenoblois
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Le CEA ouvre une ligne pilote au service de l’industrie microélectronique européenne sur son site grenoblois

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Le CEA a inauguré vendredi sa ligne pilote "FAMES", dédiée à la maturation de technologies-clefs en microélectronique. Un investissement de 830 millions d’euros, cofinancé par les États membres et par la Commission Européenne pour soutenir l’industrie des semi-conducteurs et assurer la souveraineté du continent en matière de microélectronique.

Le nouveau bâtiment comprend 1900m² de salles blanches dédiées à la micro électronique de pointe — Photo : Marie-Amélie Mine

Le site du CEA à Grenoble a inauguré vendredi sa nouvelle ligne pilote "FAMES", dédiée à la maturation de cinq technologies essentielles dans le domaine des semi-conducteurs. Un investissement de 830 millions d’euros, incluant 1 900 m² de salles blanches et 96 nouvelles machines, porté par la Commission Européenne et par les États membres réunis au sein d’une co-entreprise, destinée à renforcer l’autonomie stratégique de l’UE en matière de microélectronique. La part française s'est élevée à 730 millions d'euros, cofinancée par France 2030 (à hauteur de 450 millions) et la Commission européenne. Cette ligne FAMES fait partie des cinq lignes pilotes soutenues dans le cadre du Chips Act, qui vise à soutenir l’industrie européenne des semi-conducteurs en encourageant la collaboration entre l’UE, les États membres et le secteur privé.

Une ligne pilote dédiée aux entreprises de toutes tailles

Soutenue dès sa conception par plus de 40 industriels, la ligne pilote FAMES est ouverte aux grands groupes, mais aussi aux PME, aux start-up et aux communautés de recherche. STMicroelectronics et Soitec, deux géants du secteur implantés à Grenoble font notamment partie des entreprises partenaires du projet. "A la différence d'une ligne de fabrication, FAMES est conçue pour accélérer la montée en maturité de technologies et réduire le temps entre la recherche et l'industrialisation", a expliqué Sébastien Dauvé, président du CEA Leti. Elle offrira l’accès à une infrastructure de R & D à l’état de l’art, afin d’anticiper la production des prochaines générations de puces électroniques.

Les entreprises pourront ainsi s’approprier le design, le prototypage de futurs produits et tester les démonstrateurs de produits, qui entreront en fabrication dans plusieurs années. "Fames est un outil collectif au service de l'industrie, de la recherche et de la formation" a déclaré Anne-Isabelle Etienvre, administratrice générale du CEA . Un premier appel à projet a déjà été lancé au printemps "pour que la communauté de chercheurs européens publics et privés puissent bénéficier d'un service d'accès aux technologies déployées par Fames". Le CEA a déjà reçu 14 propositions, "preuve de l'appétence et de la mobilisation des industriels pour les technologies portées par FAMES".

Créer des semi-conducteurs plus performants et économes en énergie

La nouvelle ligne permettra d’accélérer l’innovation sur cinq technologies-clefs développées par le Commissariat à l’Energie Atomique et ses partenaires. La ligne doit notamment permettre de créer de nouvelles générations de semi-conducteurs plus économes en énergie et plus performants (technologie FD-SOI). Ou encore de travailler sur des technologies de mémoires non volatiles embarquées (permettant de garder en mémoire les informations sans avoir besoin d’être alimentée).

Les autres technologies ciblées concernent les composants radiofréquence (composants capables d’envoyer et recevoir des ondes radio), l’intégration 3D (empilement de plusieurs couches de circuits électroniques) et les petits inducteurs pour conversion DC-DC (destinés à convertir l’énergie efficacement pour optimiser l’autonomie des appareils).
"Les avancées portées par Fames bénéficieront directement aux technologies embarquées, aux télécommunications, aux capteurs intelligents, autant de secteurs stratégiques pour la compétitivité européenne. Elle serviront aussi aux centres de calcul du futur et bien sûr aussi au quantique", a expliqué Anne-Isabelle Etienvre.

Assurer la souveraineté de l’UE en matière de microélectronique

Ces 5 technologies doivent aider l’Europe à renforcer son industrie dans le domaine de la microélectronique et de conserver son rang de puissance de premier plan. "Ces cinq domaines forment les briques clef d'une industrie européenne qui doit aujourd'hui plus que jamais maîtriser ces technologies et sécuriser ses chaînes d'approvisionnement", a déclaré l'administratrice du CEA.

"Avec FAMES, le CEA et ses partenaires entendent contribuer à renforcer la souveraineté de l'Europe en accélérant encore l'innovation en microélectronique", a déclaré Anne-Isabelle Etienvre. "La salle blanche que nous inaugurons aujourd'hui est un symbole fort : celui d'une Europe qui agit, qui investit, qui coopère. Elle délivrera les innovations avancées faisant de ce site un véritable hub d'innovation industrielles", a ajouté l'administratrice du CEA.

Les nouveaux usages et services accélérés par FAMES, doivent soutenir la compétitivité du tissu industriel mais aussi l’autonomie stratégique du continent, tout en répondant aux défis environnementaux.

En pilotant FAMES, le CEA espère pouvoir renforcer la R & D dans des technologies clefs qu’il développe et depuis plusieurs années tout en défendant "sa vision européenne de la microélectronique, plus efficace, plus sobre et moins polluante pour la planète", a déclaré Julie Galand, directrice générale de la recherche technologique du CEA.

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