Bouches-du-Rhône
David Delafosse : "L’École des Mines va investir 7 millions d’euros sur son campus d'Aix-Marseille "
Interview Bouches-du-Rhône # Électronique # Écosystème et Territoire

David Delafosse directeur en Provence du campus décentralisé de l'École des Mines de Saint-Etienne  "L’École des Mines va investir 7 millions d’euros sur son campus d'Aix-Marseille "

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Le Centre Microélectronique de Provence, campus de l’École des Mines de Saint-Etienne décentralisé à Gardanne près d'Aix-en-Provence, vient de fêter ses 20 ans. L’occasion pour David Delafosse, directeur du site, d'évoquer les projets en cours. Et de rappeler les liens étroits tissés entre l’École et les entreprises du territoire.

Dans les trois prochaines années, 7 millions d’euros vont être investis sur le campus, notamment dans la réalisation d’un IoT Center doté d’espaces de prototypage — Photo : D.R.

Le Centre Microélectronique de Provence (CMDP) vient de fêter ses vingt ans d'implantation sur le territoire. Pourquoi l'École des Mines de Saint-Etienne s'est-elle installée à Gardanne ?

L'origine remonte à une décision du Premier ministre Lionel Jospin, dans le cadre de la reconversion du bassin minier et du développement du pôle microélectronique de Rousset. À cette époque, la CCI Marseille-Provence se désengageait également de l'Esim (École supérieure d'ingénieurs de Marseille), dont une partie est devenue Centrale Marseille et une autre a constitué le pôle de Gardanne, dont la mise en place a alors été confiée à l'École des Mines de Saint-Etienne. Aujourd'hui, le CMDP (21 000 m²) regroupe près de 200 collaborateurs et accueille 400 étudiants au sein de deux diplômes d'ingénieurs et d'un master spécialisé en IoT (Internet des objets). Nous proposons de la formation initiale, de l'alternance et de la formation continue. Et nous disposons d'une salle blanche de 700 m2, infrastructure rare en milieu universitaire, dédié à la formation, à la recherche et à l'innovation en microélectronique et ses applications.

 

Quels liens le CMDP a-t-il tissés avec les entreprises ?

Dès la création du site, il y a eu une volonté de s'ouvrir aux entreprises. Cette relation avec le monde industriel est dans l'ADN de l'École et nous hébergeons ainsi de nombreuses entreprises au sein du campus.

D'une part, par l'intermédiaire de l'association Micro-Packs, qui regroupe de grands groupes comme ST, Thales, des ETI et des start-up, comme Silina, et qui propose sur notre site une plateforme technologique afin de réaliser des prototypes et d'innover dans le monde des objets connectés. Les sociétés ont ainsi des bureaux et du personnel en permanence au Centre afin de pouvoir travailler en salle blanche.

L'École a par ailleurs également développé depuis 2004 un incubateur, Team@Mines Saint-Etienne, que nous avons installé l'an dernier dans le Château Laurin rénové et qui propose un programme d'accompagnement technologique. L'objectif est d'aider les jeunes pousses à consolider la dimension technologique de leur projet entrepreneurial. Être sélectionné par notre structure, leur ouvre la possibilité d'être accompagné par un ingénieur, d'accéder à notre salle blanche et à nos outils de prototypage. Nous avons ainsi accompagné 70 start-up, qui ont présenté un taux de survie à cinq ans de 80 % et ont levé en moyenne 3 millions d'euros par an. Nous intervenons toujours en co-accompagnement avec une autre pépinière du territoire. Nous sommes en train de mettre en place une démarche plus collective. L'idée est de faire profiter les jeunes entreprises de projets pédagogiques et de faire des sessions d'intelligence collective.

Nous contribuons par ailleurs à apporter une main-d'œuvre qualifiée aux entreprises du territoire. Quand nous regardons la provenance de nos étudiants, nous constatons que seulement 3 % d'entre eux sont issus de la région, en revanche, à l'issue de leurs études ils sont 21 % à s'installer sur le territoire. 

 

Quelle part du budget de l'École, les entreprises représentent-elles ?

Sur l'ensemble du budget de l'École des Mines (tous campus confondus) de 45 millions d'euros, 10 millions d'euros proviennent directement des entreprises. Il y a également un apport indirect, notamment lorsque nous répondons à des appels à projets, par exemple européens, au sein de groupements avec des entreprises.

Quels projets l'École porte-t-elle pour les années à venir ?

En 2024, l'Établissement va notamment rénover un bâtiment de 1 000 m2 pour en faire entre autres un IOT-Center (espace de prototypage, de démonstration et d'accompagnement vers l'industrialisation d'objets connectés sécurisés) destinés aux entreprises. Ce projet, baptisé Spot, est financé par le Contrat Plan État Région pour un montant de 3,2 millions d'euros. Nous devrions par ailleurs accueillir à Gardanne une représentation de La Rotonde, le centre de culture scientifique de l'École des Mines, qui permettra d'éduquer aux sciences avec une spécialité sur la microélectronique. Au total, dans les trois prochaines années, 7 millions d'euros vont être investis sur le campus.

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