Nicolas Drogi (DGA Techniques navales) : "L’événement i-Naval permet de sourcer les innovations navales de Défense de demain"
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Nicolas Drogi Directeur de DGA Techniques navales "L’événement i-Naval permet de sourcer les innovations navales de Défense de demain"

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I-Naval, c’est un événement auquel est désormais habitué l’écosystème toulonnais. Organisé par un poids lourd de la rade, la Direction générale de l’armement Techniques navales et l’université de Toulon, il permet de sensibiliser les acteurs locaux et en particulier les entreprises au potentiel de l’innovation dans le domaine naval.

Nicolas Drogi, Directeur de DGA Techniques navales — Photo : DGA TN

L’écosystème toulonnais a pu assister au début de l’été à la sixième édition de l’événement i-Naval. À quels enjeux répond-il ?

L’événement est organisé par la DGA Techniques navales (450 personnes à Toulon) et l’Université de Toulon, en partenariat avec la Marine nationale, TVT Innovation (Toulon Var Technologies, l’agence de développement économique de la métropole toulonnaise, N.D.L.R.), la Région Sud et la métropole toulonnaise. Parce que notre rôle est de travailler à la conception de la Marine de demain, cet événement joue un rôle majeur pour doter la Marine nationale des équipements les plus modernes et performants, garants de sa supériorité.

Pour capter cette innovation, la DGA (Direction générale de l’armement), qui a passé 16 milliards d’euros de commandes à l’industrie en 2022 et investi 1,1 milliard d’euros au profit de l’innovation et des projets de technologie de défense, est en contact étroit avec de nombreuses entreprises du secteur de la Défense. Néanmoins, il se passe beaucoup de choses dans le secteur, dit, civil, qui peut intéresser l’armée. C’est ainsi qu’est née, en 2018, l’agence innovation défense, suivie de la création de clusters en province, à l’image du cluster d’innovation technologique Gimnote, à Toulon. Ce dernier regroupe notre établissement, la Marine, TVT Innovation et l’université de Toulon. C’est pour offrir de la visibilité à cette démarche qui consiste à aller chercher l’innovation dans les PME et start-up du territoire qu’est né l’événement I-Naval.

Comment se déroule i-Naval ?

Il s’agit de prendre l’innovation à l’état de concept et de la projeter dans un scénario fictif, bâti avec la Marine et la Préfecture maritime, pour montrer comment cette innovation pourrait agir et apporter une plus-value opérationnelle. En 2023, nous avions ainsi imaginé une opération de débarquement et cette année, il s’agissait de sécuriser un plan d’eau dans le cadre d’un événement de grande ampleur. Les innovations présentées, 16 au total, devaient répondre à des impératifs environnementaux tout en étant performantes du point de vue de la sécurité.

L’événement i-Naval, organisé par la DGA et l’université de Toulon, réunit près de 500 personnes qui peuvent découvrir une vingtaine d’innovations présentées dans un environnement réaliste — Photo : DR

Comment sont sourcées les entreprises ?

Nous nous appuyons sur les pôles de compétitivité en lien avec la Défense : les pôles Mer, Safe, Optitec, Capenergies, en région. Mais aussi le Gimnote ou le pôle Systematic Paris-Région, consacré aux systèmes complexes. Les dossiers sont sélectionnés en fonction de leur adaptation à la thématique, de l’intérêt de l’innovation pour la Marine nationale et de leur réalisme technique.

Depuis six ans que l’événement existe, quelles sont les retombées pour les entreprises locales ?

Cet événement constitue un beau tremplin pour les entreprises, il leur ouvre des portes. Ainsi, l’entreprise toulonnaise Ennovia. Après avoir présenté sa solution de maintenance Quickbrain en 2020, Ennovia a développé des contacts avec la Marine et contractualisé son application sur une quinzaine de bateaux.

Les munitions rôdeuses sous-marines de la société Arkeocean, dans les Alpes-Maritimes, ont obtenu le label Perseus décerné par la Marine et la DGA, après ses deux participations en 2022 et 2023. Son projet a ainsi été jugé comme suffisamment abouti pour être testé par les marins lors d’entraînements et d’opérations.

Ce type de passage à l’échelle est-il systématique ?

Non. I-Naval permet d’identifier ce genre d’entreprises innovantes, de faire connaître aussi nos dispositifs, tels que l’Agence innovation défense ou le Rapid, qui accompagne l’innovation à maturation. De tels programmes demandent du temps. Nous avons ainsi accompagné le drone maritime Drix de la société Exail. Nous travaillons avec l’entreprise ciotadenne Alseamar sur l’équipement des commandos et les drones sous-marins.

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