Spécialisé dans la synthèse de diamants semi-conducteurs Diamfab (26 salariés ; CA : NC) poursuit sa montée en puissance. Deux ans après un premier tour de table de 8,7 millions d’euros, qui lui a permis notamment de financer son passage à l’échelle industrielle avec l’inauguration en janvier de sa première ligne pilote (4 millions d’euros d’investissement), la deeptech grenobloise remet le couvert.
Début avril, les trois dirigeants de Diamfab, Khaled Driche, Gauthier Chicot et Ivan Llaurado, ont lancé une levée de fonds en série A. Objectif ? Recueillir 20 millions d’euros d’ici octobre 2026. "La moitié en Equity et l’autre moitié en non dilutif avec des prêts et des subventions", précise Gauthier Chicot, le directeur général et cofondateur.
Une technologie déjà mature pour des marchés de niches
Avec ces 20 millions d’euros, Diamfab entend accélérer son entrée sur le marché. "Nous avons inauguré notre ligne pilote en début d’année, nous avons maintenant un outil industriel évolutif, que l’on va faire évoluer. Pour ce faire, on a besoin de faire financer des jalons technologiques qui vont nous faire changer d’échelle", explique Gauthier Chicot.
En ligne de mire, des marchés de niches déjà clairement identifiés pour lesquels Diamfab espère bientôt "produire et faire du chiffre d’affaires. On parle de capteurs de radiation pour le médical ou le nucléaire où encore des composants qui doivent fonctionner à très hautes températures. Le diamant résiste très bien aux radiations, aux températures et aux très haute tension. Pour les radiations et les hautes températures notre technologie est mature", développe le directeur général.
Des démonstrateurs pour des marchés stratégiques
Pour les hautes tensions, Diamfab va devoir patienter un peu avec une première étape à horizon 2028 sur des marchés dits stratégiques". "La série A va nous permettre de continuer à faire des démonstrateurs sur ces marchés que sont le spatial, le nucléaire et le quantique. Des marchés que l’on va pouvoir commencer à adresser dans deux ans", escompte Gauthier Chicot.
C’est dans cette optique que Diamfab et le fabricant franco-italien STMicroelectronics (2,76 Md€ de CA) ont dévoilé, fin février, la première micro-batterie nucléaire dotée d’un générateur diamant-tritium capable de produire de l’électricité pendant plus de vingt ans sans recharge. Une technologie développée avec le CEA qui convertit la désintégration naturelle du tritium en énergie grâce à un semi-conducteur en diamant, offrant une source compacte, robuste et sans maintenance.
"L’idée était de faire la démonstration de la faisabilité de cette batterie et une démonstration de force de ce que l’on est capable de faire avec le diamant. On continue ce travail avec Orano en essayant d’autres types d’atomes radioactifs pour augmenter la puissance", confie Gauthier Chicot.
L’électronique de puissance pour 2030-2032
La levée de fonds en cours doit aussi permettre à Diamfab d’accélérer sur "le gros marché de l’électronique de puissance" que la deeptech ambitionne d’adresser à horizon 2030-2032. "Pour ce faire, on doit faire monter en maturité l’écosystème, augmenter notre capacité industrielle, et travailler sur la reproductibilité et la stabilité de nos process", conclut le dirigeant.