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La start-up nantaise Ivyspec débloque 300 000 euros pour son drone rampant
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La start-up nantaise Ivyspec débloque 300 000 euros pour son drone rampant

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La start-up nantaise Ivyspec poursuit son ascension avec une levée de fonds de 300 000 euros réalisée en cours de l'été 2025. Elle prévoit un nouveau tour de table fin 2026 pour accélérer le développement de son drone "racinaire", un appareil capable d'évoluer dans des environnements confinés. L'entreprise vient par ailleurs de conclure un contrat avec la Direction générale de l'armement.

Le drone Ivyspec se déplace dans les canalisations et autres tuyaux d'un diamètre supérieur à 6 cm pour inspecter les milieux hostiles. — Photo : Nicolas Héas

Petit à petit, Ivyspec creuse son sillon dans la deeptech. Créée en 2023 à Saint-Herblain, près de Nantes, la jeune pousse a conçu un drone d’un genre nouveau. Il ne vole pas, il ne flotte pas, il rampe. "C’est une sorte de poutre pneumatique que l’on gonfle pour lui permettre de se déplacer dans des zones très étroites et dangereuses pour l’homme, comme des tuyaux ou des canalisations", explique Jean-Philippe Lerat, fondateur de la start-up Ivyspec. Elle vient de lever 300 000 euros auprès d’un investisseur privé et de Pays de la Loire Participations. Le dirigeant reste actionnaire majoritaire.

Un drone qui se déplace comme un ver

Le principe de fonctionnement du drone est simple : en se gonflant, l’engin se déploie progressivement comme une racine qui s’enfonce dans le sol — d’où son nom de drone "racinaire". Il peut ainsi se faufiler dans des conduits d’à peine 60 millimètres de diamètre, se plier ou se redresser selon les besoins. L’appareil peut même être gonflé avec des gaz présents sur le terrain, comme l’argon, afin de s’adapter à différents environnements. Piloté à distance via une manette, le drone qui se déplace comme un ver, renvoie des images et des données en temps réel grâce à une série de capteurs intégrés et une caméra.

Un contrat avec la DGA

Conçu pour évoluer dans des environnements difficiles, le drone d’Ivyspec a séduit la Direction générale de l’armement (DGA), avec laquelle la start-up vient de signer un premier contrat, dont le montant reste confidentiel. L’objectif : utiliser la technologie dans la lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane, notamment pour explorer en toute sécurité des caches ou des abris dangereux ou piégés.
La société collabore également avec Orano, pour des missions de maintenance en milieu radioactif. "Il existe des centaines d’applications possibles, souligne Jean-Philippe Lerat. Nous avons une base technologique que nous adaptons selon les besoins : chaque Ivyspec peut devenir un modèle spécialisé, équipé de capteurs ou de modules spécifiques.

Une nouvelle levée de fonds prévue en 2026

Pour l’heure, le drone reste au stade de prototype, mais les perspectives sont prometteuses. La start-up échange déjà avec Naval Group, Dassault ou Airbus autour d’usages potentiels. La version industrialisée pourrait voir le jour à l’horizon 2028.
Une nouvelle levée de fonds d’environ 3 millions d’euros est envisagée fin 2026 pour soutenir cette phase de développement, ainsi que le recrutement de deux nouveaux collaborateurs d’ici fin 2025, ce qui fera grimper les effectifs à 6 salariés.

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