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L’Angelys cède aux crèmes glacées à l’américaine et part à l’export
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L’Angelys cède aux crèmes glacées à l’américaine et part à l’export

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Réputé pour ses sorbets à haute teneur en fruits, le glacier artisanal L’Angelys lance une série inattendue de crèmes glacées à l’américaine. Elles feront partie des produits proposés à l’export, autre chantier que mène l’entreprise. En parallèle, la PME familiale se prépare tranquillement à un changement de génération.

Denis Lavaud, fondateur et dirigeant de la PME familiale L’Angelys — Photo : Sylvie Cutry

"Je rêve qu’à 70 ans je serai assis sur un banc à Tokyo et que je verrai des gens sortir d’une boutique avec des sacs siglés L’Angelys Paris-New York-Tokyo etc.", avoue volontiers le charismatique dirigeant et fondateur Denis Lavaud. Il a neuf ans pour réaliser son projet. "Aujourd’hui, nous avons les moyens de nos idées", assure-t-il. En cinq ans, le chiffre d’affaires de l’entreprise a été multiplié par deux, mais conservé aussi secret que les recettes des glaces qui font le succès de L’Angelys depuis sa création en 1996.

En 2018, il était déjà de 8,3 millions d’euros. Cette année, en dépit de la météo morose, les ventes ont bondi de 34 % fin mai comparés à la même période l’an dernier. L’entreprise produit 3 millions de litres par an dans son usine de Fontcouverte (Charente-Maritime), vendus principalement en grande distribution (94 %) et via les restaurateurs. Les bacs (58 % de la production) "pèsent 27 % du volume de Carte d'Or, pas mal hein ?", lance Denis Lavaud. "Pour les bûches glacées artisanales (18 % de la production), nous sommes leaders sur le marché", poursuit-il.

La Belgique et le Royaume-Uni "pour démarrer"

2024 devrait ainsi marquer les premiers pas du glacier hors frontières. "En export, nous avons tout à faire. Nous devions aller au Canada, mais il y a eu le Covid. Nous avions un gros contrat avec la Russie juste avant l’Ukraine." Cette fois, le glacier de Charente-Maritime s’est adjoint les services d’un prestataire pour sonder les modes de consommation et cible la Belgique et le Royaume-Uni. "Pour démarrer", précise le dirigeant. "New York serait bien mais les prix sont dingues", reconnaît Denis Lavaud. D’autant qu’idéalement il souhaite accompagner son export de boutiques en propre. "C’est le meilleur moyen de faire goûter les produits et une bonne vitrine pour les professionnels."

Copie revue pour les boutiques

L’Angelys dispose aujourd’hui de quatre boutiques, à Royan (photo), La Rochelle, Bordeaux et l’île d’Oléron — Photo : Sylvie Curty

En France pourtant, les magasins ont peiné à se multiplier. Alors qu’en 2021 le patron en annonçait 50 en cinq ans, elles sont finalement quatre (Bordeaux, La Rochelle, Royan et La Cotinière sur l’île d’Oléron). "Nous nous sommes trompés, reconnaît le patron. Nous avons fait l’erreur de nous installer dans des locaux qui n’étaient pas d’anciens glaciers. Aujourd’hui, cette partie est juste à l’équilibre." Mais Denis Lavaud ne renonce pas. Il y voit des perspectives d’évolution pour ses équipes à qui il souhaite en confier les rênes.

La stratégie a d’autant plus de sens cette année que l’entreprise a de belles nouveautés à proposer.

Jade & Allie, la nouvelle marque

Le mordu de cuisine - qui n’aime pas le sucré - s’est laissé convaincre par "la mode". Un an après les versions cônes de ses sorbets, "j’ai cédé à ma jeune équipe qui me tannait pour faire des crèmes glacées à l’américaine. Nous avons sorti la marque en deux mois et demi avec l’engagement d’achat de clients, pour surprendre la concurrence", jubile Denis Lavaud.

La marque Jade & Allie a été lancée au printemps 2024 en ciblant une clientèle plus jeune — Photo : L'Angelys

Six parfums - vanille cookies, crème brûlée, Amarena, vanille pécan, cacahuètes et Stracciatella - et autant de supplices pour les gourmands qui peinent à garder la ligne aux portes de l’été. L’Angelys s’invite ainsi sur le terrain des Ben & Jerry's et autre Häagen-Dazs, et vise une clientèle de femmes de 28 à 35 ans. "Une cible plus jeune que la clientèle des bacs de glace." La nouvelle marque Jade & Allie est un clin d’œil à ses petites filles. "C’est un message de leur Papi, pour leur dire qu’elles sont aussi dans l’entreprise."

Famille et qualité

Avec l’export comme avec les nouveaux parfums, L’Angelys souhaite plus que tout diffuser sa marque. "Nous ne cherchons pas à faire du volume. Les matières premières de qualité empêchent une montée en puissance. Et l’intérêt n’est pas là." Le dirigeant autodidacte a une vision bien claire du sens qu’il souhaite donner à son entreprise, lui qui se prépare doucement à céder la place à ses deux filles.

L’ancien responsable de l’atelier pilote crèmes glacées de Nestlé est guidé par le plaisir du goût et du partage. "Avec mes filles, nous avons fixé un chiffre d’affaires maximum. Que ferait-on de plus ? Plus de dividendes ? Je ne m’en verse pas, que voulez-vous que j’en fasse ?''

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