Lagarde Meregnani fait de la place à de nouveaux actionnaires pour franchir le cap des 100 millions d’euros
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Lagarde Meregnani fait de la place à de nouveaux actionnaires pour franchir le cap des 100 millions d’euros

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Basée à Maxéville, en périphérie de Nancy, Lagarde Meregnani ouvre son capital à Société Générale Capital Partenaires, Capital Grand Est et BTP Capital Investissement. Ces nouveaux actionnaires minoritaires doivent permettre de financer les futures croissances externes de la PME opérant dans les finitions du bâtiment.

Le président de Lagarde Meregnani, Arnaud Tisserand, cible désormais des entreprises réalisant entre 8 et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires — Photo : Jean-François Michel

À force d’être sollicité par des fonds d’investissement, la curiosité d’Arnaud Tisserand, le président du groupe Lagarde Meregnani a été titillée. "Leur approche, c’était d’investir pour créer une structure encore plus grosse", résume le dirigeant de la PME basée à Maxéville, et opérant dans le second œuvre et les finitions du bâtiment. L’idée a germé. Opérant via sept agences dans le Grand Est et en Île-de-France, la société a réalisé 65 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec un effectif de 250 salariés.

Pourtant, malgré cette assise historique, l’entreprise se trouvait face à un palier de croissance. Pour Arnaud Tisserand, le statu quo n’était plus une option : "Si nous restions à cette dimension, tranquillement, nous allions forcément un peu décliner". Suite à un séminaire réunissant les six associés en mai de l’année dernière, la décision d’accueillir des investisseurs financiers au capital a été prise pour donner une nouvelle impulsion au groupe.

Un tour de table sur mesure et minoritaire

Clôturé le 30 avril après un processus de sélection parmi une dizaine de fonds, le tour de table rassemble trois acteurs aux expertises complémentaires. Société Générale Capital Partenaires apporte son ingénierie financière, Capital Grand Est assure l’ancrage de proximité sur le bassin historique de l’entreprise, tandis que BTP Capital Investissement offre sa connaissance d’un secteur plongé dans les turbulences. "Eux, ils sont capables de comprendre quand le bâtiment va ou quand le bâtiment ne va pas", souligne le président à propos du fonds spécialisé.

Farouchement attaché à son indépendance, Arnaud Tisserand a fixé des conditions strictes : les trois partenaires financiers entrent à hauteur de 20 % du capital, via des mécanismes convertibles. "C’était une entrée minoritaire ou rien", rappelle-t-il, en précisant qu’il conserve la majorité absolue et le pouvoir exclusif de décision, bien que les orientations stratégiques fassent désormais l’objet d’une concertation étroite. Cette réorganisation répond également à un enjeu de transmission, en permettant d’intégrer deux nouveaux actionnaires en interne pour préparer le départ à moyen terme de deux associés actuels.

Changer d’échelle grâce à la croissance externe

Le plan stratégique de Lagarde Meregnani, baptisé "Horizon 2030" est clair : amener le groupe de 65 millions d’euros à la barre symbolique des 100 millions d’euros. Face à une conjoncture sectorielle devenue "très compliquée", marquée par un effondrement des carnets de commandes publics et privés pour 2027, la seule croissance organique se révélera insuffisante. Le franchissement de ce cap passera donc obligatoirement par deux ou trois opérations de croissance externe d’envergure d’ici 2030.

Pour amorcer cette dynamique, Lagarde Meregnani a déjà restructuré sa dette bancaire afin de dégager une enveloppe financière dédiée aux acquisitions. Le groupe rompt avec ses pratiques passées : alors qu’il a racheté jusqu’ici deux petites structures de 3 à 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit la société francilienne Technisols en 2019 et Balland Carrelage à Épinal en 2024, Lagarde Meregnani cible désormais des entreprises nettement plus grandes, calibrées entre 8 et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Un maillage géographique maîtrisé et humain

Un cabinet spécialisé a cartographié 170 cibles potentielles, restreintes à une quarantaine de priorités. À ce jour, cinq pistes sérieuses sont déjà à l’étude. Le périmètre de déploiement reste concentré sur le Grand Est, l’Île-de-France et, désormais, le Nord de la France, une région à fort potentiel économique accessible depuis les agences existantes. En revanche, le groupe exclut toute expansion lointaine : "Nous n’allons pas aller chercher une entreprise à Bordeaux", tranche Arnaud Tisserand. "Nous voulons racheter des entreprises, mais aussi y être présent".

L’un des principaux apports des fonds partenaires réside dans l’aide à la structuration de ces intégrations. Fort de l’expérience acquise lors des précédents rachats, le dirigeant sait qu’assimiler de nouvelles structures est complexe et exige du temps. Dans ces métiers de main-d’œuvre où la fidélisation des équipes est cruciale, la méthode se veut respectueuse : "Si on secoue tout le monde dès qu’on arrive, vous ne travaillez plus", assure le président de Lagarde Meregnani.

Vers un agent IA propre à Lagarde Meregnani ?

En parallèle de la stratégie sur la croissance externe, Arnaud Tisserand se mobilise aussi sur les questions d’innovation. Face au progrès de l’intelligence artificielle générative, le président de Lagarde Meregnani a secoué son Codir pour "prendre le train en marche". Et de dévoiler que sa PME travaille déjà discrètement avec une start-up pour développer un agent IA pour en faire une "aide à la décision, une aide au devis", révèle Arnaud Tisserand. Le dirigeant, loin de faire de ces nouveaux outils une "obsession quotidienne", voit dans ces futurs déploiements de l’intelligence artificielle la possibilité de "faciliter la communication entre les bureaux et les chantiers".

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