En Moselle, ArcelorMittal annonce se concentrer sur quatre priorités. La sobriété en eau, l’amélioration de ses rejets, la préservation de la nature et le développement de stratégie foncière pour reconquérir les milieux aquatiques. Des cibles encouragées par la signature du contrat industriel "Eau et Climat" avec l’agence de l’eau Rhin Meuse, qui engage l’industriel à formaliser des objectifs durables concernant l’utilisation des ressources en eau au sein de ses installations de Florange et de Mouzon, en Moselle. Leader de l’industrie de l’acier, ArcelorMittal (61,4 Md€; 125 600 salariés) emploie 14 800 salariés en France sur 40 sites de production.
Une réduction des prélèvements
Entre 2018 et 2024, un premier "Master Plan Eau" a permis à ArcelorMittal de réduire de moitié ses prélèvements en eau brute alimentant les sites de Florange et de Mouzon. "Nos sites s’engagent désormais à maintenir cet effort considérable en matière de sobriété hydrique, en stabilisant et en optimisant leur consommation moyenne", explique Abdou Fall, directeur de site de Mouzon, nommé il y a trois mois. À Mouzon, le site est alimenté avec de l’eau de Meuse tandis qu’à Florange, l’eau provient de la Moselle et de la mine de Fontoy.
Concrètement, 10% des prélèvements en eau du site ArcelorMittal de Florange proviennent de la mine de Fontoy. "Notre intérêt pour cette ressource va croissant, puisqu’elle a l’avantage majeur d’être moins exposée au risque de sécheresse que l’eau de la Moselle", décrit l’entreprise. Situées en dessous de la nappe, les eaux de mines sont en effet moins susceptibles de baisser en cas de diminution du niveau d’eau en été. "Tout ce qu’on pompe ici, c’est ce qu’on ne pompera pas en Moselle. Nous réfléchissons dans tous nos projets à utiliser l’eau de mines à la place de l’eau de la Moselle", ajoute Juliette Delinchant, qui travaille dans l’équipe "eau" constituée par ArcelorMittal.
Deux projets autour du refroidissement
Concrètement, ArcelorMittal a baissé ses consommations grâce à de nombreux projets, portant notamment sur le système de refroidissement de l’entreprise. Sur le site de Florange, l’eau de Moselle est purgée à l’entrée du site pour évacuer le chlorure. En optimisant le système d’automatisme de ces purges, ArcelorMittal économise près de 160 000 mètres cubes d’eau par an. Plus encore, en redimensionnant le circuit de refroidissement de son train à chaud à ses justes besoins, l’entreprise a fait un nouveau bond de plus de 350 000 mètres cubes d’eau économisés. Pour ces deux projets, l’industriel ne communique pas sur les investissements engagés.
En plus de multiplier la présence de compteurs d’eau sur ses différents sites, l’industriel mise également sur la formation de ses équipes, avec des temps permettant d’aborder la sobriété en eau. En parallèle, l’industriel annonce contribuer à la renaturation des cours d’eau, par exemple en mettant à disposition du foncier pour que les collectivités puissent agir et lutter contre les phénomènes de crues.
Recycler l’eau en sortie de site
Sur le site ArcelorMittal de Florange, 56 % du volume d’eau utilisé est actuellement recyclé. Ils sont ensuite réinjectés dans la Fensch et le Krisbach. "Des progrès sont encore possibles sur les matières en suspension, sur la quantité d’oxygène dont on a besoin dans le milieu, sur les rejets de métaux. Nous avons des ambitions qui vont au-delà du réglementaire : le but est d’être compatible avec le milieu réceptable. Les rejets ne se font pas dans la Moselle, mais dans un petit cours d’eau, avec une capacité d’absorption moindre, ce qui ajoute une difficulté. On peut encore travailler sur des prétraitements, ou encore améliorer ceux qui existent déjà", appuie Sandrine Arbillot, adjointe au chef du service eau dans la Ville et Industrie à l’agence de l’Eau Rhin Meuse.
Concernant la question des PFAS, des polluants éternels présents dans l’eau, aucun n’a été détecté en 2025 dans les rejets des sites mosellans d’ArcelorMittal. En revanche, les relevés ont montré la présence d’AOF, soit du fluor, pouvant indiquer la présence d’autres PFAS ou polluants. "Nous avons fait des tests, et il apparaît qu’ils étaient déjà présents à l’entrée du site. Nous avons constaté qu’il y en avait dans la Moselle. Forcément, ils restent dans nos rejets. Maintenant, l’idée est de ne pas en ajouter.", explique Jean-François Malcuit, directeur de site de Florange. Dans cet objectif, ArcelorMittal a supprimé ses mousses de protection anti-incendie, pour les remplacer par des produits ne contenant pas de PFAS.